Le député frondeur Christian Paul pense déjà à la fin du Parti socialiste

Le député frondeur Christian Paul pense déjà à la fin du Parti socialiste

RENAISSANCE - Le député PS frondeur Christian Paul publie mardi un essai dans lequel il appelle à une recomposition des forces de gauche. Actant l'échec du PS, il propose un nouveau mouvement politique.

2017, et après ? Pour certaines voix à la gauche du Parti socialiste, le mouvement politique né à Epinay en 1971 ne sortira pas indemne du quinquennat écoulé et des élections à venir, quelqu'en soit le résultat. C'est notamment la position du député frondeur de la Nièvre Christian Paul, qui publie mardi un essai pronostiquant tout simplement... la disparition du PS.


Plus qu'un pronostic, le parlementaire appelle en fait cette disparition de ses voeux. Dans Les Iles et l'Archipel : pourquoi la gauche revivra, publié à la fondation Jean-Jaurès, le chef de file des frondeurs, qui a ferraillé contre la loi Travail et plus globalement contre la ligne du gouvernement Valls, estime que "les partis politiques de la gauche française doivent se préparer à muter après l'élection présidentielle, faute de l'avoir fait avant". 

Un parti "d'un nouveau type"

Constatant le décrochage entre sa propre famille politique et la société française, celui qui avait menacé le gouvernement d'une motion de censure contre la loi Travail estime nécessaire de créer "un nouveau parti, et surtout un parti d'un nouveau type".

L'heure n'est plus seulement pour le parti socialiste à 'ouvrir les portes et les fenêtres' après s'être bunkerisé pendant cinq ansChristian Paul

Pour le député, qui avait déjà appelé en septembre à une large refondation avec les communistes et les écologistes, le PS "ne dispose plus en son sein des hommes et des femmes, des idées, et des énergies suffisants pour opérer une simple rénovation intramuros". Pire : son parti n'a plus d'attrait que "pour quelques divisions de militants sincères et autant de bataillons d'élus qui tiennent les petits et grands bastions résistant encore à la déroute qu'ont été les élections depuis 2014". D'où la nécessité de "sortir de ses murs". 

Valls et Hollande coupables

En appelant à une réorientation à gauche du projet, l'élu de la Nièvre fustige le Premier ministre, Manuel Valls, qui a "aggravé les clivages dans les partis et dans le pays". "En encourageant sur la droite du PS une option sociale-libérale, François Hollande et Manuel Valls ont enclenché la machine infernale" à diviser, écrit-il encore. 


Avant lui, d'autres responsables socialistes avaient déjà évoqué la disparition possible du PS après les élections de 2017. En mai 2016, dans sa dernière interview, accordée à Paris Match, l'ancien Premier ministre Michel Rocard avait jugé que "le risque de la fin du PS exist(ait)". Mais il avait ajouté : "En faire une certitude pour un corps aussi robuste et ancestral, c’est aller quand même un peu vite". Jean-Christophe Cambadélis, le patron du PS, avait quant à lui  jugé, à l'attention des frondeurs, que "faire éclater le PS dans une situation où cette gauche de relève n'existe pas conduira à faire disparaître la totalité de la gauche". Bref, les grandes manoeuvres de l'après 2017 ont d'ores et déjà commencé à gauche.

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