"Le FN aurait évité les attentats" : Marine Le Pen recycle son intox favorite

Marine Le Pen perd la présidentielle

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TERRORISME - Depuis quelques jours, la candidate du FN à la présidentielle réaffirme avec force que, elle au pouvoir, "les attentats n'auraient pas eu lieu". Sauf que si le raisonnement peut s'entendre techniquement pour quelques exemples, pour d'autres, même les mesures-choc du FN n'auraient rien évité.

C'est une certitude à partir de laquelle le camp du Front national plastronne depuis que la France a été frappée par une vague d'attentats, à compter du 7 janvier 2015. S'il avait été au pouvoir, "il n'y aurait pas eu d'attentats". Une phrase qu'elle décline de plusieurs façons, que cela soit pour les terroristes de Nice, du Bataclan, de Charlie Hebdo ou pour Mohamed Merah.

Fiché S ou pas ?

Interrogée à nouveau sur le sujet, mercredi 19 avril, par Jean-Jacques Bourdin, sur RMC/BFM TV, la présidente du Front national a confirmé : "Oui, je l'ai bien dit. Les mesures que je veux mettre en oeuvre n'auraient pas permis à ces personnes d'être soit sur notre territoire, soit en liberté. Pour une raison très simple, c'est que je souhaite que les fichés S étrangers soient immédiatement expulsés de notre pays."


Et la candidate d'extrême-droite de s'appuyer sur plusieurs exemples. Mohamed Merah, le tueur au scooter de Toulouse, délinquant multi-récidiviste franco-algérien, qu'elle aurait privé de nationalité française à sa majorité. Ensuite Mohamed Lahouaiej Bouhlel, "l'assassin épouvantable de Nice". Première erreur, repérée par Jean-Jacques Bourdin, qui lui signale que le tueur au camion de la Promenade des Anglais, de nationalité tunisienne, n'était pas fiché S : qu'à cela ne tienne, Marine Le Pen rebondit et promet l'expulsion à "tous les étrangers qui sont fichés S ou qui sont condamnés, quel que soit le délit"... et la déchéance de nationalité aux bi-nationaux qui ont le même pedigree.

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Marine Le Pen : "Avec moi, il n'y aurait pas eu Mohamed Merah"

Même le FN n'aurait pas pu expulser les Kouachi

Vient ensuite, dans l'argumentaire de la candidate, le cas des frères Kouachi, nés de parents algériens et devenus français à la majorité comme le veut la loi et le droit du sol. Du pain blanc pour Marine Le Pen, qui entend supprimer le droit du sol et ce qu'elle appelle "l'acquisition quasi automatique de la nationalité française", notamment pour les délinquants multi-récidivistes... et donc, si l'on suit son raisonnement, les frères Kouachi.


Sauf qu'en l'espèce, rappelait Libération le 18 avril, Saïd Kouachi n'avait jamais été condamné et avait donc un casier judiciaire vierge. Tandis que Chérif Kouachi était majeur au moment de sa condamnation pour son appartenance à la filière des Buttes-Chaumont. "Il aurait mérité une fiche S", argue Marine Le Pen. Bref, même appliqué à la lettre, le programme du FN n'aurait pas pu faire expulser les deux terroristes.

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