Nicolas Dupont-Aignan rallie Marine Le Pen : qui sont les soutiens de la candidate FN pour le second tour ?

RALLIEMENTS - Si Emmanuel Macron engrange les soutiens de tous bords au nom du "front républicain", ceux de Marine Le Pen sont moins nombreux. Parmi ses principales "prises", Nicolas Dupont-Aignan, qui a annoncé vendredi 28 avril avoir signé un accord de gouvernement avec elle. Quels autres ralliements peut espérer la candidate du FN d'ici au second tour, le 7 mai ?

Depuis l'annonce des résultats du premier tour, qui a vu Emmanuel Macron et Marine Le Pen se qualifier, les sondages se suivent et se ressemblent, donnant invariablement le candidat d'En Marche! vainqueur. Et les soutiens en sa faveur se multiplient, de Pierre Laurent (PCF) à Nicolas Sarkozy (LR) en passant par Benoît Hamon ou Manuel Valls (PS). Un effet direct du fameux "front républicain" qui voit dirigeants de la droite et de la gauche classiques se prononcer en faveur du candidat opposé à la championne frontiste.

Marine Le Pen multiplie les efforts pour rassembler le plus largement possible, allant jusqu'à affirmer qu'elle n'est pas la candidate du Front national ou à draguer les "Insoumis" ayant voté pour Jean-Luc Mélenchon. Mais dans le cénacle politique, en dehors du Front national et de ses partis affiliés, de quels soutiens Marine Le Pen peut-elle se targuer ?

Ceux qui ont franchi le pas

Nicolas Dupont-Aignan est incontestablement la plus grosse "prise" de Marine Le Pen, près d'une semaine après le premier tour. Si le candidat souverainiste, qui a engrangé près de 5% des voix, n'avait pas donné de consigne de vote dimanche 23 avril, il a annoncé vendredi 28 avril au journal de France 2 qu'il soutiendrait et qu'il "ferait campagne" avec Marine Le Pen avec laquelle il dit avoir signé un "accord de gouvernement". Celui qui rejetait jusque-là une alliance avec le FN et son "extrémisme" se justifie en estimant que Marine Le Pen n'est "pas d'extrême droite" et que l'élection est "l'occasion de mettre fin à une cassure entre les patriotes et les Républicains". Favorable à la sortie de l'euro, Nicolas Dupont-Aignan avait eu des mots très durs à l'égard d'un Emmanuel Macron "candidat des banquiers" tout au long de la campagne.

Françoise Hostalier, coordinatrice de François Fillon dans le Nord, et secrétaire d'Etat à l'Enseignement scolaire d'Alain Juppé en 1995, a annoncé dans La Voix du Nord qu'elle voterait donc Marine Le Pen pour "faire battre Macron", qu'elle juge "pas digne de la fonction suprême", en raison notamment de ses propos sur la colonisation de l'Algérie et sa confusion sur "l'île de Guyane".  L'idée de cette ex-élue : remporter les législatives avec Les Républicains et imposer un Premier ministre à Marine Le Pen.


Autre personnalité de la droite traditionnelle à succomber à la tentation FN : l'ex-patronne du Parti chrétien-démocrate Christine Boutin, figure de la Manif pour tous et condamnée pour des propos homophobes par le passé. L'ancienne ministre du Logement avait annoncé dimanche attendre que Marine Le Pen "s'engage sur trois points fondamentaux : la préoccupation vis-à-vis de la personne humaine et des plus fragiles en particulier, l'abrogation de la loi Taubira (sur le mariage et l'adoption pour les couples homosexuels) et une Europe renouvelée." Lundi, elle a sauté le pas, appelant sur Twitter à un rassemblement contre Emmanuel Macron et en confirmant, au Figaro, qu'elle voterait Marine Le Pen.

Ceux qui pourraient le faire

Le souverainiste et très catholique Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France, a expliqué en février tout le bien qu'il pensait de Marine Le Pen. Cette figure de la droite nationaliste, habitué des déclarations au lance-flamme contre l'islam et sur le grand remplacement, a toutefois toujours insisté pour ne pas s'afficher avec la candidate. "Aucune chance", répétait-il au Monde début avril. "Son soutien est largement acquis", avait toutefois assuré Marion Maréchal-Le Pen un peu plus tôt.

Ceux qui ne veulent pas d'Emmanuel Macron

Sens commun n'a pas donné de consigne de vote entre "le chaos" du FN et "la déconstruction" proposée par le Front national. Mais les ponts entre l'extrême-droite et la droite traditionaliste sont tels qu'on peut imaginer facilement les membres de cette organisation construite à partir de la Manif pour tous venir apporter leur soutien à Marine Le Pen. 


Le député Georges Fenech, qui avait pris la tête des frondeurs contre la candidature de François Fillon, a jugé que "se jeter dans les bras de Macron [serait] un 2e suicide collectif pour les législatives". Idem pour son collègue Jacques Myard, qui penche pour le "ni-ni".

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