Quand le patron du Medef regrette que François Fillon veuille supprimer 500.000 fonctionnaires

Quand le patron du Medef regrette que François Fillon veuille supprimer 500.000 fonctionnaires

VAS-Y MOLLO - Pierre Gattaz, le numéro 1 du Medef, a regretté mardi que François Fillon ait proposé la suppression de 500.000 fonctionnaires. S'il loue l'objectif "à terme" du candidat de la droite à la présidentielle, il juge qu'une telle annonce peut "mettre le feu au pays". Des propos "déplacés", a affirmé mercredi Bernard Accoyer, le patron des Républicains.

Les bons conseils du docteur Gattaz au candidat de la droite. Lors d'une conférence de presse, mardi, le numéro 1 du Medef a regretté l'objectif affiché par François Fillon de supprimer 500.000 fonctionnaires durant le prochain quinquennat. 


Le patron des patrons a-t-il décidé de faire campagne pour Jean-Luc Mélenchon ou Benoît Hamon ? Pas vraiment. En réalité, Pierre Gattaz estime que l'erreur de François Fillon se situe sur le terrain de la communication. Voici ce qu'il dit : 

Sur les 500.000 fonctionnaires, dit comme ça, vous mettez le feu au pays, aux fonctionnaires, c'est pas bonPierre Gattaz

Comment supprimer "naturellement" 500.000 fonctionnaires

Selon Pierre Gattaz, François Fillon, qui est "peut-être celui qui a mis le plus de détails dans son programme", aurait donc été plus avisé de ne pas donner un tel objectif, même si ce dernier est "louable à terme". Et voici le conseil pratique du patron : "Ces 500.000 fonctionnaires de moins, ils se feront presque naturellement, par des départs en retraite qui ne seront pas remplacés par exemple, par l'utilisation de l'outil numérique [...] Et là, vous le faites naturellement en marchant sans créer de drame absolu." 


Pierre Gattaz n'a pas oublié pour autant qu'il y avait aussi une primaire à gauche. Le numéro 1 du Medef a "regretté" à ce titre qu'à la différence de la droite, les candidats n'aient pas abordé la question "du plein-emploi et du retour à la croissance", "objectif essentiel du pays". A propos d'Emmanuel Macron, qu'il juge "intéressant", il attend "le détail de ses programmes". "Nous attendons des propositions un peu plus concrètes, détaillées, de tous les candidats", a conclu plus généralement le dirigeant. Le Medef, on l'aura compris, se tient prêt, lui, à contribuer au débat. 

Bernard Accoyer s'insurge

Sur Public Sénat, mercredi, le patron des Républicains, Bernard Accoyer, a jugé ces déclarations "déplacées". "J’appelle monsieur Gattaz à lire le programme de François Fillon", a-t-il réagi. "Manifestement, il ne l’a pas lu correctement et il n’en a pas compris l’esprit. J’entends toujours monsieur Gattaz se plaindre de l’excès de dépense publique. Le candidat qui veut la diminuer, il le critique."

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