Régionales 2015 : "Sereinement musulmans et farouchement républicains"

Régionales 2015 : "Sereinement musulmans et farouchement républicains"

3 QUESTIONS A… - L'union des démocrates musulmans français (UDMF), parti lancé il y a trois ans, présente une liste en Île-de-France pour les élections régionales. Nizarr Bourchada, tête de liste, explique à metronews les raisons de cet engagement.

Qu'est-ce qui vous a poussé à présenter une liste aux élections régionales ?
L'Union des démocrates musulmans français (UDMF) a été créée en 2012 par Nagid Azergui sur le constat que, depuis 10 ans, l'islam est au centre du débat politique. Or aujourd'hui, quand on parle des musulmans, on a trop souvent tendance à les confondre avec des islamistes, des djihadistes et des terroristes. Nous avons donc créé l'UDMF afin de participer à la vie politique et faire des propositions concrètes sur des sujets qui vont bien au-delà de la question religieuse. Pour prendre notre place dans le paysage politique, il était donc normal que nous participions à ces élections.

Quels objectifs visez-vous, pour ces élections régionales ?
Pour nous, il s'agit moins d'atteindre un score précis que de nous faire connaître. Nous voulons montrer aux électeurs que les musulmans ne ressemblent pas à ce que l'on voit dans les médias. Nous sommes avant tout un parti laïc, dont les membres sont fiers d'être Français, sereinement musulmans et farouchement républicains.

Quelles sont les principales mesures que vous défendez ?
Nous avons déjà fait connaître plusieurs mesures de notre projet, et nous continuerons d'en dévoiler jusqu'au scrutin. La première porte sur l'accueil des sans domicile fixe. La plupart du temps, ce sont des individus qui n'ont besoin que d'un petit coup de pouce pour relancer leur vie. Notre proposition est simple : il y a 1300 communes en Île-de-France, si chacune, en fonction de sa taille, acceptait d'en prendre en charge entre une et 10, on résoudrait le problème.

Notre deuxième mesure porte sur l'orientation. Aujourd'hui, pour beaucoup d'étudiants, elle est subie et non choisie. Nous souhaitons que les familles soient mieux informées, en leur donnant accès à des indicateurs comme le taux de réussite des différentes filières, le taux d'insertion, etc. afin que les élèves s'orientent au mieux pour leurs études. Par ailleurs, nous souhaitons que les chefs d'entreprise puissent venir dans les lycées afin de développer chez les élèves l'esprit d'entreprendre.

La troisième mesure à laquelle nous sommes particulièrement attachés est de remettre l'éthique au centre de la campagne. Tous nos candidats en Île-de-France ont signé une charte par laquelle ils s'engagent, s'ils sont élus, à reverser la moitié de leur indemnité à des associations caritatives. Un conseiller régional est payé plus de 2600 euros par mois, c'est beaucoup trop à nos yeux pour siéger une fois par mois et effectuer quelques déplacements.

Claude de Ganay, député du Loiret, craint que votre candidature ne marque "les prémices d'une 'libanisation' de la société française, ouvrant la voie à toutes les revendications confessionnelles". Comment réagissez-vous ?
Le communautarisme, ce n'est pas chez nous qu'on le trouve, mais sur les bancs de l'Assemblée nationale. Les députés sont censés représenter le peuple, mais il s'agit quasi-exclusivement d'hommes, blancs, plutôt âgés et issus de la fonction publique. L'UDMF ne fait pas dans le communautarisme : bien sûr il y a des musulmans, mais sur notre liste pour les régionales il y a aussi des gens de toutes confessions. A mes yeux, ce député se trompe de cible.

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