"Routes secondaires" : à Joigny, dans l’Yonne, le chômage au cœur des préoccupations

PRÉSIDENTIELLE 2017 - A plus d’une semaine du premier tour de scrutin, LCI part à la rencontre des Français. Deuxième étape de notre série : Joigny, dans l’Yonne. Dans cette ville de moins de 10.000 habitants, zoom sur les préoccupations de la population.

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ÉPISODE 1 : le chômage au cœur des préoccupations

A Joigny, dans l’Yonne, la ville compte environ 9.700 habitants. Dans ce département plus encore, la préoccupation principale des Français reste l’emploi. Un quart des habitants est au chômage et il est très difficile de trouver un travail stable.


Pour les aider, deux solutions : Pole Emploi ou les formations privées. A l’image de cette école privée d’esthétique. Souvent, les élèves de cette école ont des années de petits boulots derrière eux et peuvent en ressortir avec un diplôme d’Etat. Malgré un coût de 230 € par mois, la formation offre une garantie quasi certaine d’emploi pérenne. 

Un chômeur sur deux pourrait s’abstenir

Sur les 4.700 demandeurs d'emplois du département, près de 20% ont moins de 26 ans. Et un autre problème se pose lorsqu’on n’est pas véhiculé. Du coup, Pole Emploi a lancé un service de location de voitures à très bas coût, une des clés pour accéder plus facilement à un travail.

De façon globale, les gens attendent des solutions concrètes : financer le permis de conduire, privilégier les formations professionnalisantes, apprendre un métier et surtout sortir de l’intérim. En France, le risque d’abstention est d’ailleurs important puisqu’on l’estime à 45% parmi les demandeurs d’emploi. Rappelons qu'il y a six millions de chômeurs pour 45 millions de Français inscrits sur les listes électorales.

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ÉPISODE 2 : ces Parisiens qui s'installent à la campagne

Quel coût de la vie quotidienne quand on a décidé de changer de vie ? Jean-Christophe et Julie Pichereau ont quitté Paris il y a quelques années pour s'installer dans l'Yonne. Lui a ouvert une maison de la presse en 2015 avec son épargne. Elle, qui avait une officine à Paris, travaille dans une pharmacie.

"On gagne moins mais on vit mieux"

Le couple, qui a 4 enfants, a divisé par deux ses revenus en venant s'installer à Saint-Sauveur-en-Puisaye, dans l'Yonne. "On gagne moins mais on vit mieux", expliquent-ils. Dans les points positifs ils profitent d'une qualité de vie meilleure, d'une maison rénovée pour 300.000 € et d'impôts locaux faibles. Les dépenses en essence sont en revanche plus élevées que lorsqu'ils vivaient à Paris. Et malgré tout cela reste une incertitude : où leurs enfants feront-ils leurs études quand il seront plus grands ?

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ÉPISODE 3 : Une maison des internes pour attirer les jeunes médecins

En 10 ans, le nombre de médecins a chuté de 21% dans l’Yonne. Un phénomène qui épargne cependant Joigny : avec 9 généralistes pour 1500 habitants, la ville se situe dans la moyenne nationale. 


Pour conserver cet acquis, les initiatives originales se mettent en place, comme par exemple l’ouverture prochaine d’une "maison des internes" pour attirer les étudiants de la fac de Dijon. Située en plein cœur de la ville, la bâtisse pourra accueillir 6 jeunes futurs praticiens lors de leur stage de médecine générale. 

"Ne pas être seule à l'écart des grandes villes"

Mylène Waline, 29 ans, juge cette mesure très incitative. "Cela permet de savoir qu’on n'est pas seule dans une ville qui peut être à l’écart des grandes villes". Après un stage concluant auprès du Dr Gérard Germond, médecin généraliste depuis trois décennies, la jeune femme a eu le coup de coeur pour Joigny. De ce fait, lorsque son ancien maître de stage lui a proposé de prendre la suite de son cabinet lors de son départ à la retraite, la jeune femme n'a pas hésité. Une transmission qui se fera en douceur, l'année prochaine. 

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Episode 4 : à Joigny, le problème de la délinquance en questions

Dans l’Yonne les actes de délinquances sont importants : vols sans violence et vols dans les véhicules. Le FN l’a compris, et a repris les chiffres des cambriolages notamment sur ses tracts. Les scores du parti y sont élevés : 24% en 2012, 36% aux départementales, 37% aux régionales de 2015. Mais loin des discours, et en dehors du militantisme frontiste, quelle réalité sur le terrain ? Les habitants vivent-ils dans la peur ? Que pensent-ils du judiciaire ?

Il n'y a pas assez de policiers municipaux, explique-t-il, les délinquants peuvent sortir et commettre des actes d'incivilités Olivier, militant FN

L'année dernière, dans l'Yonne, plus d'un millier de cambriolages ont été enregistrés, soit un peu moins de 3 par jour. Un chiffre en très léger recul par rapport à 2015. Et si les villes comme Joigny constatent cette baisse, c'est un peu moins le cas dans les villages alentours... 

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