Sur le site de soutien "Vision Macron", ce n'est pas encore la "révolution"

PROJET PRESIDENTIEL - Les Jeunes avec Macron lancent un site offrant une vitrine des déclarations du candidat pour comprendre ses positions sur tel ou tel sujet. Difficile d'y trouver des propositions précises. On apprend tout de même qu'Emmanuel Macron partage le même objectif en matière de dépenses publiques que... François Fillon.

La sortie récente de son ouvrage, Révolution, n'a pas levé le voile sur son projet présidentiel. On attendait donc du site lancé cette nuit par ses soutiens, "Vision Macron", quelques pistes pour savoir enfin ce qu'Emmanuel Macron compte proposer aux Français en avril 2017.


En vain. Les Jeunes avec Macron ont créé une plateforme sous forme de "tuiles" permettant de connaître la vision globale du candidat sur tel ou tel thème, mais on n'en saura pas plus sur la façon dont l'ex-ministre de l'Economie envisage concrètement de réformer la France. Le site se présente comme un espace de vérification ("fact checking") des grandes déclarations du candidat "depuis août 2014". Mais l'initiative est un peu ambiguë : les soutiens s'engagent à "défendre en toute indépendance" (sic) les idées du champion, mais ce dernier a "approuvé et encouragé" l'initiative. Bref : il s'agit pas de "fact checking", mais d'un site de soutien glosant sur les prises de position de Macron, quitte à aller piocher, pour vanter son action, dans un bilan imputable au gouvernement de François Hollande. 

La révolution attendra

A cinq mois de la présidentielle, on n'apprend pas grand chose du projet du fondateur d'En Marche, hormis une vision globale sur certains thèmes. Pas de quoi faire la "révolution" en vérité. Voici ce que l'on apprend par exemple de sa position sur la guerre en Syrie : “Face à un problème aussi épineux que la crise syrienne, il faut adopter une attitude responsable”. Ou encore : "La France ne doit pas tourner le dos aux grandes puissances, ni à Vladimir Poutine, ni à Donald Trump".


Sur l'Europe, il souhaite "donner corps” à une "vraie souveraineté européenne" et "libérer la parole sur l’Europe". En matière de politique industrielle, Emmanuel Macron veut "moderniser notre appareil productif", assurant que "la France doit prendre la première place dans la digitalisation". Quitte à piocher allègrement dans "la Nouvelle France industrielle, un projet porté par le gouvernement Valls dont il a eu la charge en tant que ministre de l'Economie. Sur la crise des réfugiés : "Notre devoir universel est d’accueillir les réfugiés", mais "l’humanité, ce n’est pas laisser croire que nous accueillerons tout le monde". Face au terrorisme, nous devons "continuer à nous tenir debout dans ce que nous sommes, continuer à faire, à agir, à croire dans notre pays qui en sortira plus fort encore"...

Une austérité digne de François Fillon... et des idées piochées à gauche

Certaines propositions recensées sont plus concrètes. Parmi elles, cet objectif assumé par l'ancien ministre de "réduire les dépenses publiques à 50% du PIB à l'horizon 2022". Ce qui correspond très exactement à l'objectif du candidat de la droite, François Fillon, que l'intéressé juge "très conservateur". A ceci près que François Fillon a détaillé, pour parvenir à cet objectif budgétaire, une purge radicale des finances publiques. Autres propositions qui apparaissent dans le programme de la droite : la création "d'un gouvernement de la zone euro", le refus de l'abandon du nucléaire au profit d'un "mix énergétique", la volonté de renforcer "l'autonomie" des établissements scolaires, la "stabilité budgétaire et fiscale" en matière de politique économique.


Parmi les approches plus "à gauche" : la sauvegarde des 35 heures (mais avec une possibilité d'adaptation au niveau des entreprises, ce que proposait peu ou prou Alain Juppé), l'accueil plutôt bienveillant des réfugiés politiques, le recrutement de 10.000 fonctionnaires supplémentaires au sein des forces de l'ordre (alors que François Fillon veut tout geler), le choix d'une "relance budgétaire européenne" ou encore la limitation du cumul des mandats dans le temps. Bref, pas de programme pour l'heure, mais une confirmation : Emmanuel Macron pioche bien dans les idées de la droite et de la gauche. 

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