VIDÉO - Derrière le chaton sur les affiches, le Parti animaliste veut "politiser la cause animale" pour bousculer les consciences

INTERVIEW - Créé en 2016, le tout jeune Parti animaliste est représenté dans près de 150 circonscriptions à l'occasion des législatives. Que défendent ces hommes et ces femmes qui s'effacent derrière un chat sur leurs affiches ? Interrogée par LCI, Isabelle Dudouet-Bercegeay, co-présidente du mouvement, explique se poser en rempart de la cause animale.

Un petit chat aux yeux ronds. Un slogan : "Les animaux comptent, votre voix aussi". Cette affiche violette, où n'apparaîssent ni photo, ni nom des candidats investis, vous l'avez sûrement déjà vue ou ne serait-ce qu'aperçue. C'est celle du Parti animaliste.


Créé en mars 2016 puis lancé dans le grand bain politique en novembre de la même année, ce jeune parti fondé par des défenseurs de la cause animale vit ses premières élections législatives. En quelques mois d'existence, il est parvenu à investir 147 candidat(e)s, soit 25% du total des 577 circonscriptions. Le mouvement monothématique - un fait assumé et revendiqué car jugé comme une question prioritaire de société - a comme objectif de d'éveiller les consciences et de faire émerger la question animale dans le débat politique.

Co-présidente du Parti animaliste, Isabelle Dudouet-Bercegeay, diplômée en sciences agronomiques et techniques, se présente dans la 2e circonscription de Loire-Atlantique. Militante de la cause animale de longue date, elle détaille pour LCI le combat de cette formation inédite dans le paysage politique qui, à défaut d'être représentée à l'Assemblée, tente de "se faire connaître". 

"L'inaction des décideurs politiques"

LCI : D'où vous est venue l'idée de mettre un chaton sur vos affiches de campagne ?

Isabelle DUDOUET-BERCEGEAY : Il n'était pas possible financièrement pour nous de créer des affiches individualisées pour chacun des 147 candidats investis par le Parti animaliste. Nous avions la possibilité de réduire fortement nos coûts en optant pour une affichette type plutôt que des affiches différenciées. C'est ce que nous avons fait. Nous avons choisi de mettre en avant ce petit chaton, même s'il est vrai que nous aurions aimé avoir un humain et un animal sur la même photo. Mais avant toute chose, nous avions pour ambition de faire connaître le Parti animaliste.

LCI : La défense de la cause animale est aujourd'hui dans l'air du temps. Est-ce la raison de votre engagement politique ?

Isabelle DUDOUET-BERCEGEAY : Nous avons posé les bases du Parti animaliste il y a deux ans et demi. Tout est parti d'un constat : l'inaction des décideurs politiques. Je dirais même plus : un déni évident de démocratie. Déjà à l'époque, il y avait un décalage entre l'opinion publique - exaspérée par cette situation - et la classe politique. Selon un récent sondage Ifop (ndlr : pour AnimalPolitique du 10 au 13 mars 2017), 80% des Français estiment que la cause animale est un enjeu "important". C'est dix points de plus par rapport à une enquête réalisée en 2012. Forts de ce constat, à un moment donné, nous avons estimé qu'il fallait y aller.

"Nous sommes indépendants et n'avons pas de lien spécifique avec L214"

LCI : L'une de vos co-présidentes est l'avocate de L214. De quelle(s) nature(s) sont vos relations avec cette association de défense des animaux, rendue célèbre par ses vidéos ?

Isabelle DUDOUET-BERCEGEAY : J'ai moi-même été bénévole de L214, comme de nombreuses associations. Mais nous sommes totalement distincts, indépendants. Nous avons pas de lien spécifique avec eux. Malgré tout, cela ne nous empêche pas de les solliciter si nous avons besoin d'informations dans des domaines qui correspondent à leurs expertises. Et nous agissons de la même manière avec d'autres organisations. Nous nous sommes ainsi rapprochés de plusieurs associations quand nous avons écrit notre programme.

LCI : En parlant de programme, quelles sont vos principales revendications ?

Isabelle DUDOUET-BERCEGEAY : Nous militons pour la création d'un ministère de la Protection animale. Aujourd'hui, ce sujet dépend du ministère de l'Agriculture, qui se retrouve à la fois juge et partie. Cela donne lieu à un conflit d'intérêt évident et regrettable. C'est un problème majeur puisque le ministère est censé protéger les animaux. Or ce n'est pas le cas. Nous proposons également l'aggravation des peines pour cruauté, délit grave ou abandon d'animaux, l'interdiction de la mutilation dans les élevages ou l’éradication des élevages en cage sous dix ans. Nous avons pour objectif national de réduire la consommation de produits d'origine animale de 25% d'ici 2025. Cela aura un impact sur l'environnement, la faune et l'être humain.

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"Aucune chance d'avoir des élus"

LCI : Pour un parti jeune, n'est-il pas difficile d'exister dans cette campagne ?

Isabelle DUDOUET-BERCEGEAY : Notre budget pour ces élections législatives est de 75.000 euros pour 147 candidats. Et pas un euro de plus. C'est la somme habituellement allouée par un parti classique pour financer deux candidats. Outre les affiches génériques dont nous avons déjà parlé, par souci d'économie et pour l'environnement, nous n'envoyons pas non plus de professions de foi dans les boites aux lettres. Donc, si les gens n'ont pas de panneaux électoraux près de chez eux, ils ne seront même pas au courant que nous existons. Néanmoins, nous sommes très heureux de nous engager, et nous avons reçu beaucoup de témoignages de soutien.

LCI : Avez-vous des chances d'avoir des élus à l'Assemblée nationale ?

Isabelle DUDOUET-BERCEGEAY : En l'état actuel des choses, non. Nous sommes dans un système électoral spécifique, où il n'y a pas de proportionnelle. Nos objectifs sont clairs. Dans un premier temps, politiser la question animale, ce que nous avons fait en réussissant à investir 147 candidats. Ensuite, pousser les partis politiques à s'emparer de ce sujet. D'ailleurs, s'ils veulent plagier notre programme, qu'ils ne se gênent pas. Vous savez, nous n'avons pas besoin de faire des scores énormes pour peser. On l'a vu avec les dernières élections, ça se joue à quelques milliers de voix. Plus les gens voteront pour nous, plus les partis traditionnels auront peur de perdre des voix et devront se positionner. Pour tout vous dire, nous aurions aimé ne pas avoir besoin de nous engager en politique. Mais nous n'avions pas d'autre choix.

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