VIDÉO - Nicolas Dupont-Aignan compare la France à une "femme violentée" par l'Europe

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VIOLENCES CONJUGALES - Invité ce mardi matin sur France Inter, le candidat souverainiste a usé d'une comparaison pour le moins douteuse, en comparant la situation de la France en Europe à celle d'une femme battue.

Ce n'est pas une nouvelle : Nicolas Dupont-Aignan n'est pas un fan de l'Union européenne. Sous sa forme actuelle en tout cas. Un manque d'enthousiasme qui le conduit à proposer, dans son programme, une rupture avec l'UE, pour lui proposer à la place "une communauté des Etats européens", qui ignorera les traités européens, les directives telles que celle sur les travailleurs détachés ou l'espace Schengen.


Cette défiance amène le député d'Yerres à tenter parfois des métaphores extrêmes en la matière pour évoquer les politiques européennes et le rapport qu'entretient la France avec elles. Il avait ainsi parlé de "viol démocratique" en évoquant la ratification par le Parlement européen du traité de Lisbonne en 2008, trois ans après le rejet par référendum du traité de Constitution européenne. 

La France, une femme violentée dans sa maisonNicolas Dupont-Aignan

Nicolas Dupont-Aignan a de nouveau usé d'une métaphore sur le thème de la violence conjugale, ce mardi sur France Inter, où il remplaçait Marine Le Pen au pied levé. Interrogé sur le sujet par Patrick Cohen, le souverainiste a utilisé une "triste image" pour évoquer la situation de la France en Europe : "Une femme violentée dans sa maison, c'est le cas de la France depuis des années par Bruxelles."


Partant de ce point de départ, il continue : "Il y a deux solutions : soit elle s'en va, elle laisse le mari violent dans la maison et il garde la maison, ce qui est un scandale absolu ; soit elle éjecte le mari et elle reste dans la maison. Il faut que la France qui est européenne éjecte cette mauvaise Europe, éjecte Bruxelles qui a tué l'Europe dans le cœur des gens. On n'a pas à partir, on est européen."

Sujet non maîtrisé

Une présentation qui fait montre d'une certaine méconnaissance du sujet : en effet, les victimes de violences conjugales restent en majorité dans leur foyer, rappelait en 2015 l'Observatoire national des violences faites aux femmes. Et qui n'a pas laissé insensible sur les réseaux sociaux où l'utilisation d'un tel argument à des fins politiques a suscité des réponses au vitriol :

Relancé par le présentateur Patrick Cohen quelques minutes après, Nicolas Dupont-Aignan a assuré qu'il "assume cette métaphore", sans la reprendre plus en avant, préférant se concentrer sur ce qu'il présente comme les abus de l'Union européenne envers la France : "Les 500.000 travailleurs détachés, les délocalisations [...] les commissaires qui ne paient pas d'impôts, qui sont soumis à des intérêts financiers, qui sont en train de tuer la démocratie et faire naître des mouvements nationalistes dangereux pour l'Europe."


Interrogé en Facebook Live par nos confrères de BuzzFeed News, Nicolas Dupont-Aignan a répondu à la polémique. Et assuré qu'il était "le premier maire en France à mettre à disposition des logements pour les femmes victimes de violences et leurs enfants". 

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