VIDEO - Un Guantanamo à la française sur les Îles Kerguelen : Nicolas Dupont-Aignan le propose, est-ce réalisable ?

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DÉSINTOX - C'est la mesure phare de Nicolas Dupont-Aignan, en matière de terrorisme. Si les experts s'accordent à dire qu'on ne sait que faire des djihadistes qui rentrent de Syrie, le candidat de "Debout la France" lui, a une idée. Mais est-elle réalisable?

Depuis plus d'un an, Nicolas Dupont-Aigan évoque la même idée concernant les djihadistes : "ces individus malveillants sinon malfaisants doivent être enfermés et éloignés durablement des bassins de population", dit-il. Ce lundi 10 avril sur LCI, il a de nouveau réitéré son idée et parlé d'un recours à une formule de type bagne et un éloignement vers les îles Kerguelen.


Mais cette mesure d'éloignement des djihadistes aux Îles Kerguelen est-elle faisable ? Selon les spécialistes, pas vraiment. En effet, la zone des Terres Australes et Antarctiques Françaises dont l'archipel des Kerguelen fait partie, est une réserve naturelle protégée par décret ministériel. 

L'endroit idéalement placé ?

Si l'idée de Nicolas Dupont-Aignan peut, de prime abord susciter l'intérêt ou du moins le questionnement, il faut tout de même savoir que cet archipel du bout du monde se situe loin, très loin des côtes, (sur le point rouge de la carte exactement) à 2000km de l'Antarctique, 3400km de la Réunion et 4800km de l'Australie. Sur le site dédié à ces territoires, on peut lire : "L’archipel, d’une superficie d’environ 7 215 km2, est constitué d’une île principale, la Grande Terre entourée de plus de 300 îles et îlots satellites, pour la plupart très proches (souvent quelques centaines de mètres) de l’île principale". "Le point culminant est le Mont Ross (1 850 m). La Grande Terre avec ses 6 675 km2 (les 3/4 de la superficie de la Corse) représente 92% de la superficie totale de l’archipel et s’étend sur environ 150 km d’ouest en est et 120 km du nord au sud", peut-on encore lire. 

Autant dire que l'endroit, battu par les vents et les marées, est un confetti dans l'Océan. Mais un confetti où il fait foid : le climat est océanique, froid et extrêmement venteux. La température moyenne annuelle y est de 4,5°C. Une île, loin de tout, très difficile d'accès (elle est ravitaillée par le Marion Dufresne 2, tous les trois mois) peut paraître idéale pour éloigner la menace islamiste, loin des populations. Sauf que l'archipel est une réserve naturelle, candidate au patrimoine mondial de l'Unesco. 

Une réserve naturelle protégée

Peu de gens vivent sur la base de Port-aux-Français à part des scientifiques, des militaires et quelques ouvriers de l'Île de la Réunion. Côté logistique, tout est réduit au strict minimum. Des logements, des laboratoires scientifiques, un restaurant et un hôpital. Et pour cause, rien ne doit venir troubler la réserve naturelle des Terres australes françaises, située dans le sud de l’océan Indien, qui comprend une partie terrestre rassemblant les archipels de Crozet et de Kerguelen, et les îles Amsterdam et St Paul, et une partie marine, récemment étendue. 


Avec une superficie totale de 2,2 millions d'hectares, c’est de loin la plus grande réserve naturelle de France. L'aire marine protégée a pour objectif "la préservation des zones d’alimentation des oiseaux et mammifères marins, des ressources halieutiques inestimables, des espèces marines, et plus globalement des écosystèmes austraux vulnérables", précise le ministère. De plus, en 2015, un tiers des espèces animales des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) étaient menacées, selon une "liste rouge des oiseaux, des mammifères et des reptiles" de cette zone. 


Certaines, comme l'albatros d'Amsterdam, la tortue imbriquée et le pétrel géant sont "en danger critique", indiquait cette liste, établie par le Muséum national d'Histoire naturelle et le Comité français de l'UICN, en partenariat avec la collectivité des TAAF. Cette évaluation montre que de nombreuses espèces ne sont pas à l'abri de l'impact des activités humaines, bien qu'elles vivent dans des zones isolées. Dans ces conditions, l'accueil des djihadistes sur ces terres parait peu crédible car elle engendrerait des coûts considérables car il faudrait importer les matériaux et la main d'oeuvre. Sans parler du risque "humain" à exposer ces espèces menacer à l'homme. 

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