Tati : l'examen des offres de reprise renvoyé au 19 juin

À BAS PRIX - Le 4 mai dernier, la filiale du groupe Eram, le pôle Agora Distribution, qui regroupe les enseignes Tati, Fabio Lucci, Gigastore et Degrif'Mania, a été placée en redressement judiciaire. Trois offres de reprise devaient être examinées lundi par le tribunal de commerce de Bobigny ; cet examen est finalement renvoyé au 19 juin.

Le pôle Agora Distribution (Tati, Fabio Lucci, Gigastore et Dégrif'Mania) a été placé en redressement judiciaire le 4 mai dernier. Lundi, les dossiers de trois repreneurs potentiels devaient être examinés à la loupe par le tribunal de commerce de Bobigny. En jeu dans cette affaire : le sort de 1700 emplois.


Plus d'une centaine de salariés de Tati a donc décidé de se rassembler devant le tribunal dans la matinée pour exiger le maintien de leurs emplois : "On est là pour dire que ce n'est pas acceptable", a expliqué Carl Ghazi (CGT Commerce de Paris), cité par l'AFP. Certains avaient accroché des sacs en plastique au vichy rose à leurs propres sacs à main et besaces.


L'examen des offres de reprise de Tati a finalement été "renvoyé au 19 juin", a annoncé la CGT en public aux salariés rassemblés. 

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Les salariés de Tati en grève pour sauver leurs emplois

Trois offres en discussion

Le premier candidat à la reprise à s'être placé sur la ligne de départ est le groupe Philippe Ginestet (GPG), fondateur des magasins de déco Gifi. Celui-ci prévoit le maintien de la marque de vêtements à bas prix et de 1.300 emplois, soit 76% des effectifs. S'y ajouteraient les 250 salariés des magasins franchisés et affiliés du groupe, dont 180 dans ceux des DOM-TOM, ainsi que des reclassements chez Gifi. Le projet propose par ailleurs de reprendre 120 magasins, dont 93 détenus en propre et 27 franchisés.


Autre offre, celle des différentes enseignes discount Foir'Fouille, Centrakor, Stokomani, Maxi Bazar et Dépôt Bingo, réunies dans un consortium. Ces dernières proposent la reprise de "95 magasins et 1.258 emplois, dont 69 salariés du siège", selon une source proche du dossier. Néanmoins selon la CGT,  l'offre de Dépôt Bingo ne devrait pas être retenue, celle-ci aurait été déposée hors délai.


Enfin dernier prétendant : Babou. L'enseigne compte mettre le grapin sur les six magasins Tati en région parisienne. Les stocks de Tati "ont une valeur comptable de 100 millions d'euros" et "des fonds de commerce estimés par un expert à 30 millions d'euros", selon une autre source proche du dossier. 

GPG favori ?

Deux offres semblent être dans le viseur de la direction. En effet le PDG de transition d'Agora Distribution, Michel Rességuier, a estimé mercredi dernier que celles de GPG et du consortium, étaient "assez proches". "Il faut vérifier la cohérence de chacune, que l'on évalue leur contenu, qu'on en apprécie le risque, la solidité, leur condition de mise en oeuvre", a-t-il ajouté. 


Vendredi, les trois comités d'entreprises de sociétés qui constituent le pôle Agora Distribution - Lilnat, Vetura et Agora - ont été consultés pour avis. 


Les CE de Vetura et Agora ont décidé de choisir GPG. "Pour nous, c'est  le meilleur projet" que ce soit "en termes d'emplois, de garanties et de continuité de l'entreprise" car il reprend "la globalité" de l'enseigne au vichy rose, explique le réprésentant de la CFDT, Tahar Benslimane, ajoutant que certaines enseignes du consortium n'avaient "pas la puissance de feu nécessaire pour faire repartir une marque".


Lilnat, pour sa part, a refusé de se prononcer. Le CE qui rassemble les magasins Tati et 1.300 des 1.700 salariés juge trop "basses" les différentes offres selon la CGT. 


Tous les syndicats dénoncentpar ailleurs les conséquences de la loi Macron d'août 2015 qui a supprimé l'obligation pour les groupes de financer les PSE (Plan de sauvegarde de l'emploi) de leurs filiales en redressement judiciaire.

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