GM&S Industry : la justice accorde un sursis jusqu'au 30 juin, les salariés annoncent une reprise de l'activité lundi

SURSIS - L'équipementier automobile GM&S Industry a obtenu mercredi un répit du tribunal de commerce de Poitiers. Ce dernier a prolongé jusqu'au 30 juin la période d'observation de l'entreprise. Les salariés ont annoncé la reprise du travail lundi.

C’est l’un des dossiers sociaux les plus chauds à traiter par le gouvernement en ce début de quinquennat Macron. L'équipementier automobile en difficulté GM&S Industry a obtenu mercredi un répit du tribunal de commerce de Poitiers. Ce dernier a prolongé jusqu'au 30 juin la période d'observation de l'entreprise, le temps d'examiner les options de reprise.


Peu de temps après cette décision, suite à une assemblée générale tenue à l’usine de La Souterraine, dans la Creuse, les salariés ont annoncé que le site serait "déminé", alors qu’ils affirmaient l’avoir "piégé" depuis le 11 mai dernier. Les salariés ont également annoncé une reprise du travail lundi. Cette prolongation de la période d’observation a été accueillie avec soulagement par l’ensemble des salariés, qui vivent un troisième redressement judiciaire en huit ans.

Un homme d'affaires franco-suisse candidat à la reprise

Le tribunal, qui a tenu son audience mardi et qui était chargé de statuer sur la liquidation pure et simple du site ou sur la prolongation du redressement judiciaire, a estimé que le renouvellement de la période d'observation pouvait "être justifié pour une courte durée permettant de favoriser la finalisation et l'examen d'une ou plusieurs offres de reprises". Une condition a toutefois été posée à ce sursis : "Le redémarrage de la production (...) qui seule permettra de générer les liquidités nécessaires à la marche courante de l'entreprise." Le tribunal a fixé "au 7 juin à 17h, la date limite de remise des offres" et tiendra une nouvelle audience le 23 juin.


Parmi les candidats à la reprise de l’usine creusoise, l’homme d’affaires franco-suisse Jean-Jacques Frey, qui a déposé dernièrement une "lettre d’intention" pour le rachat de l’équipementier, selon une source syndicale interrogée par l’AFP. M.Frey, s'est enrichi dans l'immobilier commercial et a notamment bâti au début des années 2000 un empire viticole dont les quatre fleurons sont le Château La Lagune dans le Bordelais, Corton-André en Bourgogne, le domaine Jaboulet Aîné dans les Côtes-du-Rhône et Billecart-Salmon en Champagne.

L'ensemble du personnel sur ses gardes

Une autre lettre d’intention, venant d’un éventuel repreneur "d'une surface financière considérable" et ne venant pas du secteur automobile, a été déposée mardi soir, a annoncé l'avocat des salariés, Me Jean-Louis Borie. Cet investisseur serait "prêt à s'associer avec ce secteur" et à reprendre "une grosse partie du personnel, pratiquement 240" personnes. Le groupe stéphanois GMD (Groupe Mécanique Découpage), spécialiste de plasturgie, fonderie, emboutissage, avait déjà transmis une lettre d'intention pour la reprise alors que le nom de l'emboutisseur Magnetto, filiale basée à Aulnay-sous-Bois de l'Italien CLN Group, a aussi été évoqué.


Le week-end dernier, le dossier GM&S avait entraîné l'intervention directe du ministre de l’Économie Bruno Le Maire auprès des constructeurs automobiles PSA et Renault, pour obtenir une hausse des commandes (passant au total de 15 à 22 millions d'euros). Mercredi, la méfiance restait néanmoins de mise au sein du personnel. La "suspension" du mouvement des salariés "n'enlève rien à (leur) détermination", a prévenu Denis Bréant, syndicaliste CGT Auto-Métallurgie. Ce mouvement "peut être beaucoup plus dur si on n'arrive pas à nos fins, et nos fins, c'est que le site de La Souterraine vive. Pas six mois ou un an, mais avec une stratégie industrielle claire, nette et précise", a-t-il ajouté. À propos de la lettre d’intention de Jean-Jacques Frey, Denis Bruant a évoqué "quelque chose de réfléchi et déjà d'étudié puisqu'il serait associé à un acteur de la filière automobile."

Plus d'articles

Sur le même sujet