VIDÉO - Pays-Bas - France (2-3) : un vibrant hommage à Johan Cruyff, mais pas que

VIDÉO - Pays-Bas - France (2-3) : un vibrant hommage à Johan Cruyff, mais pas que

FOOTBALL - Le match amical entre les Pays-Bas et la France a donné lieu à un puissant moment de recueillement footballistique. Et, accessoirement, à un vrai match de football.

L’équipe de France aimerait bien retrouver un peu de normalité ! Quelque chose comme une routine dont on finit par se plaindre. Au lieu de ça, des bombes, des morts, des hommages. Un contexte lourd auquel s’est ajoutée la disparition de l’icône Johan Cruyff à la veille du Pays-Bas – France de ce vendredi soir, disputé dans sa ville et dans son stade. Il y avait donc dans l’air, dans les minutes ayant précédé le coup d’envoi, une atmosphère ressemblant à celle de Wembley le 17 novembre dernier, où le football apparaissait comme un prétexte. Sauf que les Bleus, eux, doivent préparer l’Euro qui débute dans moins de trois mois. D’où un curieux mélange des genres.

Frissons garantis

Cela a commencé par de la musique traditionnelle, proche de celle qu’on entend en Allemagne (un combo accordéon-synthétiseur), quelques bières et une ambiance bon enfant aux alentours puis dans les travées de l’Amsterdam ArenA. Ensuite, les hymnes ont été joués. Des drôles d’hymnes, à mi-chemin entre la kermesse et la veillée funèbre, œuvres d’un orchestre où Michael van Praag, le président de la Fédé nerlandaise, était à la trompette, en hommage à son vieil ami Johan Cruyff. 


Et puis a eu lieu une poignante minute de silence, aussi parfaitement respectée qu’à Wembley, cette fois pour les victimes des attentats de Bruxelles il y a trois jours. Mais pas de quoi vous refroidir les ardeurs d’un public néerlandais assoiffé de foot, après la piteuse élimination de la sélection en qualifications de l’Euro 2016. Chaque prise de balle, chaque semblant d’occasion a donné lieu à d’assourdissants rugissements, accentués par l’acoustique du stade.

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Problème : la France a marqué deux buts en sept minutes (6e et 13e) avec une facilité effarante, dont le second au moment exact où le match devait être interrompu pour que le monde entier songe à Johan Cruyff. Résultat : l’ensemble du stade, joueurs inclus, s’est mis à applaudir à tout rompre quand les deux équipes étaient en train de se replacer, avant l’engagement. Un contretemps qui n’a pas empêché les poils de se dresser, bien au contraire. Jugez plutôt.
 


A suivi une bouillie indigeste. Une succession de passes sans la moindre conviction, ni le moindre rythme. Alors le stade s’est tu pendant de longues minutes puis, à la pause, s’est mis à siffler et à huer copieusement ses joueurs, faisant de même à leur retour des vestiaires. Ce qui explique, sans doute, le but tout en rage et en motivation inscrit par les Oranje dès la 47e.

En conséquence de quoi les supporters se sont enfin mis à hurler de très bruyants "Holland ! Holland !" ayant vite noyé les pauvres chants des 1500 Français dans un raz de marée de décibels. Et sont ainsi parvenus à pousser leur équipe à se procurer une poignée d’occasions, dont la dernière aura abouti à l’égalisation batave de la 86e alors que la moitié des 51 000 spectateurs avaient déjà quitté l’enceinte. Les Bleus, de toute façon, avaient décidé de gâcher la fête et Blaise Matuidi a redonné l’avantage aux siens deux minutes plus tard. Malgré tout, c’est durant cette étrange fin de match que l’ArenA exprima le plus intensément sa joie, cultivant le paradoxe de cette soirée jusqu’après le coup de sifflet final.

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Le plus beau moment du match, en ce qui nous concerne, aura eu lieu à la 64e, durant cet hommage lumineux improvisé, quasi mutique et sorti de nulle part. 

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