Admission Post Bac : "Qu’il fasse quelque chose", un bachelier sans fac interpelle Macron

GALÈRE - Tancrède, 19 ans, tout juste bachelier est dans l’impasse. Il fait partie des quelque 87.000 bacheliers sans affectation universitaire pour la rentrée prochaine. La faute à la plate-forme Admission post-bac. Il témoigne pour LCI.

"Je n'aurais jamais imaginé que mon avenir dépendrait d'un logiciel". Déçu, en colère, Tancrède, 19 ans, jeune bachelier, se retrouve sans université pour la rentrée prochaine. Il n’est pas le seul. Quelque 87.000 étudiants sont dans le même cas. Sur ce constat d’échec, il a décidé de rédiger une tribune, qui a trouvé publication sur le site de L’Express. "Je sentais le truc arriver. Une semaine avant (les résultats définitifs) j’ai écrit quelques phrases", nous confie-t-il. 

On a l’impression que les gens de l’administration s’y connaissent moins que nousTancrède, 19 ans, bachelier sans université

Reçu au bac avec mention assez bien, soit une moyenne de 13/20, Tancrède "n’avait pas prévu ça". "Je ne comprends pourquoi je n’ai rien. J’ai des amis qui en filière technologique, avec 8 de moyenne, ont été pris dans les choix que j’avais fait". Oui mais voilà qu’aujourd’hui il faut faire vite. La rentrée approche. "On m’a demandé de me rabattre sur la procédure complémentaire qui recycle toutes les licences où il y a de place, mais il n’y a pas grand-chose qui me correspond (…) On a l’impression que les gens de l’administration s’y connaissent moins que nous", explique-t-il. En clair, "les sciences humaines sur Paris c’est mort". 


"J’ai eu quelqu’un au téléphone qui m’a dit de le faire quand même". Résultat, il a fait passer son dixième souhait en priorité : l’université Catholique de Lille. "Là, c’est 5.000 euros d’inscription. Je ne suis pas extrêmement riche (…) C’est à peu près le même prix pour aller au Canada. Le niveau de vie est moins élevé". 

Les valeurs de mon pays, la méritocratie et l’égalité des chances ne sont pas respectéesTancrède

Dans cette même tribune, le jeune homme s’adresse directement au président de la République : "Monsieur Macron, ne laissez pas partir vos jeunes de France à cause d'un algorithme !". Durant sa campagne, Emmanuel Macron a qualifié lui-même la plateforme d’inscription "anxiogène" et a promis des améliorations et plus de transparence. "Qu’il fasse quelque chose pour les 87.000 personnes. Si j’ai un peu les moyens de partir, ce n’est pas le cas pour tous", nous répond Tancrède.


"J’ai grandi dans une famille où on m’a dit travaille bien et tu feras ce que tu veux. Elle est aussi déçue. Les valeurs de mon pays, la méritocratie et l’égalité des chances, ne sont pas respectés. C’est qu’il y a un problème".

Je pensais voir des établissements parisiens, mais avec une mention assez bien...Tancrède

La déception est palpable, mais le jeune garçon n'a pas dit son dernier mot. Il compte bien entamer les démarches nécessaires pour trouver un établissement. Mais problème, il estime avoir "un manque de crédibilité (...) Je pensais voir des établissements parisiens, mais avec une mention assez bien...". Avec le recul, Tancrède admet : "Passer son bac alors qu'on sait qu'on a rien derrière, ce n'est pas motivant". Nous lui souhaitons des démarches concluantes. 

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