A Paris, seul un viol sur dix se produit sur la voie publique

A Paris, seul un viol sur dix se produit sur la voie publique

ETUDE – L'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales s'est penché sur les viols déclarés aux autorités, commis à Paris en en 2013 et 2014. Et son rapport, publié ce vendredi, permet de balayer certaines idées reçues.

Cette image choque, mais elle n'est pas la norme. Le viol est encore souvent perçu comme une agression commise par un inconnu sur une femme seule, de nuit, dans une ruelle mal éclairée. La réalité est pourtant loin de ce cliché, selon une étude de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) sur les viols commis à Paris en 2013 et 2014, publiée ce vendredi.

L'agresseur est connu de la victime

En fait, seul un viol sur dix commis à Paris en 2013 et 2014 s’est produit sur la voie publique. Et dans près de trois quarts des cas (74 %), ces agressions ont été perpétrées dans des lieux privés, majoritairement des lieux d'habitations (57 %). Enfin, un viol sur deux (49 %) est commis par un proche de la victime selon cette étude inédite. Un chiffre qui est bien en-deçà des statistiques globales, qui montrent que les victimes de viol connaissent leur agresseur... dans 90 % des cas.

Pourquoi une telle différence ? Probablement parce que l’étude de l'ONDRP repose sur les faits déclarés aux autorités. "C'est beaucoup plus facile de porter plainte contre un inconnu que contre son conjoint", analyse la militante féministe Caroline De Haas, interrogée par Le Parisien , qui dévoile les contours de l'étude. "Le viol intrafamilial est un tabou encore difficile à lever".

Les quartiers festifs plus dangereux

Sur les 322 agresseurs identifiés par les services de police, le profil type qui se dessine est celui d'un homme âgé de 34 ans en moyenne, de nationalité étrangère (52 %) et souvent sans emploi (44 %), connu des services de police (48 %), dont un sur cinq pour des infractions à caractère sexuel. Les victimes, elles, sont des femmes (93 %), âgées de 30 ans en moyenne. Une femme violée sur deux a été agressée alors qu'elle était dans un état second, le plus souvent alcoolisée. Mais encore une fois, le biais de l'enquête doit amener à considérer ces éléments avec circonspection.

Dernier enseignement de cette enquête : certains quartiers parisiens seraient plus dangereux que d'autres. Sans surprise, ce sont dans les arrondissements plus "festifs" que les violeurs viennent chercher leurs proies. Ces agressions ont été plus nombreuses en 2013 et en 2014 dans les Ier, Xe et XIe arrondissement et plus faibles dans les VIIe et XVe arrondissements. Ont été particulièrement touchés ces années-là : le secteur de la Folie-Méricourt, dans le 11e arrondissement, les alentours du métro Belleville (Xe, XIXe, Xxe), le quartier des Halles, l'axe boulevard Sébastopol-quartier de la République, les gares du Nord et Montparnasse, l'axe place de Clichy-place Pigalle et le boulevard Barbès.

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