Le procès du frère de Mohamed Merah ne sera pas filmé

Le procès du frère de Mohamed Merah ne sera pas filmé

DÉCISION - Le procès d'Abdelkader Merah, le frère de Mohamed Merah, ne sera pas filmé. La justice a en effet rejeté la requête déposée par la famille d'une des victimes du terroriste en raison de l'absence, selon elle, d'intérêt pour les archives historiques.

Le procès du frère de Mohamed Merah ne sera pas filmé. La justice a rejeté la requête déposée par la famille d'une victime qui arguait de "sa portée historique",  a indiqué samedi 23 septembre une source judiciaire. La première présidence de la cour d'appel de Paris considère pour sa part que le procès, qui soit se tenir du 2 octobre au 3 novembre, "ne présente pas un intérêt proprement dit pour les archives historiques de la justice". 


Selon cette source, "au-delà du caractère atroce ou du retentissement de l'affaire", l'intérêt historique est jugé "faible" pour ce procès qui "aura à juger notamment un complice présumé", Abdelkader Merah, le frère du tueur au scooter abattu par la police. Olivier Morice, avocat de la famille du militaire Mohamed Chemse Dine Legouad, l'une des sept victimes de Mohamed Merah, était à l'origine de cette demande d'enregistrement audiovisuel des débats. Pour rappel, le terroriste avait abattu un parachutiste à Toulouse le 11 mars 2012, deux soldats à Montauban le 15 mars et tué quatre personnes, dont trois enfants, devant une école juive de Toulouse, le 19 mars.

Son frère soupçonné d'actes préparatoires aux tueries

"C'est une décision qui manque de courage et que nous jugeons regrettable, a déclaré Olivier Morice, l'avocat de Mohamed Chemse Dine Legouad. Nous n'avons même pas été avisés et nous ferons certainement un recours devant la Cour de cassation sur la base du code du patrimoine. Ce recours n'est pas suspensif." Pour l'avocat, la requête était justifiée : "Les crimes commis à Montauban et Toulouse en mars 2012 ont eu un retentissement considérable et marquent le début d'une nouvelle vague terroriste". 


Un autre avocat, Simon Cohen, qui défend deux autres familles de victimes, avait écrit à la cour d'appel pour "s'associer à cette demande". Il a regretté que "la vérification de l'intérêt historique" n'ait pas été soumise "à l'opinion de ceux qui ont eu une compétence particulière", comme les historiens et les enseignants. 

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L'absence d'intérêt historique ?

Lors de ce procès, deux accusés sont appelés à comparaître devant la cour d'assises spéciale de Paris. Abdelkader Merah est soupçonné d'avoir été associé à des actes préparatoires aux tueries, notamment au vol du scooter utilisé par son frère. L'autre suspect Fettah Malki, un délinquant toulousain, est quant à lui renvoyé pour association de malfaiteurs terroriste criminelle, pour avoir fourni à Mohamed Merah un pistolet mitrailleur Uzi et un gilet pare-balles. L'homme de 34 ans réfute toutefois avoir été informé de son projet de tuer des militaires et des juifs, dont des enfants, au nom du djihad.


C'est la loi Badinter qui autorise depuis 1985 "l'enregistrement audiovisuel ou sonore de l'intégralité des débats" s'il présente "un intérêt pour la constitution d'archives historiques de la justice". En trente-deux ans, peu de procès ont été filmés : ceux de Klaus Barbie, Paul Touvier, Maurice Papon, de l'affaire du sang contaminé, de l'usine AZF, de 14 militaires de l'ex-junte chilienne en 2010 et d'un génocidaire rwandais en 2014.

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