Affaire Fiona : l'enquête accable la mère et le beau-père

Affaire Fiona : l'enquête accable la mère et le beau-père

JUSTICE - Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf seront bien jugés aux assises pour la mort de Fiona. Selon la juge d'instruction, la fillette de 5 ans n'a pas été victime d'un "fait isolé mais d'un enchaînement de violences pendant plusieurs jours" avant son décès.

Deux ans et demi après la disparition de Fiona, la mère et le beau-père de la fillette sont formellement renvoyés devant les assises, a-t-on appris de source judiciaire confirmant une information de La Montagne. Dans l'ordonnance de mise en accusation (OMA) du 22 octobre accablante pour le couple, la juge d'instruction Anne Morin en charge de l'enquête a décidé de suivre les réquisitions du procureur de la République de Clermont-Ferrand.

Selon la magistrate, "Fiona a été victime non d'un fait isolé mais d'un enchaînement fatal de violences", "sur plusieurs jours", "et auquel chacun des deux mis en examen a délibérément participé". Le duo devra donc répondre des faits de coups mortels sur mineur de 15 ans par personne ayant autorité ou par ascendant agissant en réunion. Les quarante pages de l'OMA nous replongent dans l'histoire tragique de cette enfant de 5 ans dont le corps n'a jamais été retrouvé.

"Solidarité dans la manipulation"

Le 12 mai 2013, Cécile Bourgeon, alors enceinte de six mois, apparaissait en larmes face aux caméras de télévision, racontant son désespoir après s'être assoupie quelques minutes dans un parc de Clermont-Ferrand où jouaient ses deux enfants. A son réveil, seule Eva, la petite sœur de Fiona, était encore là. Après plus de quatre mois de mensonges, le couple Bourgeon-Makhlouf avouait que la fillette n'avait pas été enlevée. Fiona était morte et enterrée à la lisière d'une forêt. Dans son rapport, la juge notera la "solidarité et la duplicité impressionnantes" du couple toxicomane "dans la manipulation et le mensonge".

Après avoir accordé leurs déclarations sur un "accident domestique", les amants terribles étaient passés aux aveux, se déchirant sur la responsabilité des coups portés à l'enfant, qui auraient causé sa mort. L'ordonnance évoque des violences répétées sur la fillette peu avant son décès et notamment ce "coup à la tête" asséné par Berkane Makhlouf autour du 6 ou 7 mai 2013 provoquant un hématome qui sera alors dissimulé sous du maquillage et un bandeau. Quelques jours après, Fiona "est à nouveau victime de coups" de son beau-père et de "coup de pied et de claques" de sa mère. 

Perte de mémoire

Les avocats de Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf n'ont pu être joints ce mercredi. Quant au procès, il ne devrait pas avoir lieu avant fin 2016. Selon La Montagne , leurs conseils ont en effet fait appel de cette ordonnance qualifiée par les avocats de la mère comme "une litanie d’affirmations à charge contre sa cliente". "Le code de procédure pénale impose à la juge de faire état des éléments à charge et à décharge, et d’en tirer les éventuelles conclusions, a ainsi commenté Me Portejoie au journal. Ce n’est pas du tout le cas ici. Le mensonge initial et l’absence de découverte du corps emportent tout, et personne n’arrive à s’en départir. Pourtant, aucun élément ne laisse penser que Cécile Bourgeon a une responsabilité dans ce décès".

Sans corps et sans autopsie, impossible de savoir avec exactitude ce qu'a enduré l'enfant martyr. Après leurs mensonges et leurs terribles aveux, Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf ont été frappés de pertes de mémoire sur l'endroit où ils ont enterré le petit corps. Les nombreuses campagnes de recherches organisées près de Clermont-Ferrand sont jusqu'ici restées vaines.

EN SAVOIR + >> Notre dossier complet sur l'affaire Fiona
 

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