Affaire Grégory : comment l'avocat de Murielle Bolle veut contre-attaquer

RIPOSTE – Les gendarmes en sont convaincus : l’enlèvement du petit Grégory en 1984 a été effectué par Bernard Laroche, accompagné de Murielle Bolle. Dans les colonnes du JDD, l’avocat de "la rouquine" défend sa cliente et annonce les démarches qu’il va entreprendre pour contrecarrer les affirmations des enquêteurs.

Elle est aujourd’hui âgée de 48 ans. En juin dernier, Murielle Bolle a été mise en examen pour "enlèvement suivi de mort et placée en détention provisoire… Avant d’être remise en liberté sous contrôle judiciaire début août.  Celle qui était adolescente à l'époque de la disparition et de la mort du petit Grégory en 1984 avait tout d'abord à l’époque accusé son beau-frère Bernard Laroche du rapt du garçon de quatre ans, retrouvé mort dans la rivière Vologne. Elle s'était ensuite rétractée…

Mais les gendarmes en sont aujourd’hui convaincus : Bernard Laroche a enlevé Grégory Villemin et sa belle-sœur Murielle Bolle était dans la voiture. Ce dimanche, dans les colonnes du JDD, Me Jean-Paul Teissonnière  défend sa cliente. Pour lui, "le raisonnement des militaires repose depuis toujours sur des données inexactes". Il estime que cette affirmation est une "thèse, pas une démonstration".  


L’avocat de la quadragénaire, désignée comme un témoin comme "la rouquine", indique avoir parlé lundi dernier à sa cliente. "Elle était en larmes", dit-il, "mais elle reste combative". "Elle a un poids sur la conscience, celui de porter une responsabilité dans la mort de Bernard Laroche. Elle m’a dit que jamais elle ne se pardonnerait d’avoir cédé aux gendarmes les 2, 3 et 5 novembre 1984. Elle n’a aucune raison d’en varier". 

"Ils ont suggéré des réponses"

Jean-Paul Teissonnière répète ce qu’il pense de l’audition de sa cliente, en 1984, alors qu’elle n’avait que 15 ans. "Les gendarmes en 1984 ont suggéré à Murielle ses réponses", et "elle ne s’est pas rendue compte sur le coup, de la portée de ce qu’ils lui faisaient dire".  L’avocat évoque notamment le témoignage de ce gendarme qui, il y 33 ans, a raccompagné Murielle chez elle et qui a dit que "c’était une gamine". "Elle riait alors qu’elle venait de faire des déclarations terribles… Ce gendarme décrit une adolescente dont l’immaturité sautait aux yeux". 


Me Teissonnière indique qu’il déposera "d’ici la fin du mois une requête en nullité pour faire annuler une série de pièces", à commencer par les aveux de 1984.  "J’ai aussi remarqué que depuis 2008 (ndlr : année au cours de laquelle la cour d'appel de Dijon a ordonné la réouverture de l'enquête), on utilise des pièces qui avaient précédemment été annulées, ce qui est strictement interdit".  "J’envisage donc de déposer un dossier devant le Conseil supérieur de la magistrature, puisque dans ce cas-là, des poursuite disciplinaire sont prévues. J’estime aussi que la mise en examen de Murielle Bolle doit être annulée. Nous verrons bien…", martèle-t-il.

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"Si ce n’est pas Laroche, c’est Villemin…"

Interrogé "sur la thèse sous-jacente" selon laquelle "si ce n’est pas Bernard Laroche, c’est Christine Villemin…", Me Teissonnière estime qu’il y a "un fonctionnement pervers propre à ce dossier". Et d'ajouter : "Cette affaire est une machine infernale binaire. On se disculpe toujours en invoquant l’autre scénario. J’essaie de tomber le moins possible dans le scénario".

 

Enfin, quand le JDD lui demande s’il pense qu’un jour on saura qui a tué le petit Grégory, l’avocat reprend la formule du juge Lambert, qui s’est donné la mort en juillet dernier : "Tant qu’on cherche dans la mauvaise direction, il y a peu de chances qu’on trouve". Le juge Lambert a toujours était persuadé que Bernard Laroche, abattu par son cousin Jean-Marie Villemin le 29 mars 1985, était innocent. 

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