Agression d’un proviseur et de son adjointe à Saint-Denis : un lycéen toujours recherché, les profs craignent des "représailles"

Agression d’un proviseur et de son adjointe à Saint-Denis : un lycéen toujours recherché, les profs craignent des "représailles"

FAITS DIVERS – Six jours après l’agression du proviseur et de son adjointe au lycée professionnel l’Enna à Saint-Denis, l’élève de 15 ans soupçonné de les avoir frappés est toujours recherché ce mercredi. Les professeurs, qui ont repris le travail mardi, sont encore très choqués et demandent plus de moyens.

Ils partiront tous en vacances ce mercredi soir… De quoi apaiser les tensions, ou pas ... Près d’une semaine après l’agression du proviseur et de son adjointe au lycée professionnel de l’Enna à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), les professeurs se disent encore très inquiets. 


Jeudi dernier, à 8 heures du matin, un élève de 15 ans avait roué de coups les deux dirigeants parce qu’il n’aurait pas supporté  une remontrance sur un retard. "Cet élève était nouveau. Il était arrivé dans l’établissement le lundi qui a précédé l’agression, On ne sait pas pourquoi il avait changé de lycée, indique un enseignant de l’ENNA à LCI sous couvert d’anonymat. Le mardi,  il était déjà arrivé en retard, il avait été sanctionné, il était en mesure conservatoire le mercredi… Le jeudi, il avait rendez-vous avec l’administration. Il devait venir avec ses parents, il est venu seul. Il était très énervé. Le proviseur lui a remonté les bretelles, et il a quitté le bureau. Puis il est revenu, et il a frappé". 


Le proviseur souffre d'une "fracture au coude". Il s'est vu délivrer 45 jours d'interruption totale de travail (ITT). Son adjointe a quant à elle été victime d'une "fêlure au plancher orbitaire", l'os sur lequel est posé l’œil. Elle s'est vue prescrire 21 jours d'ITT. L’élève, lui était toujours introuvable ce mercredi 19 octobre. 

"Jamais vu un tel événement dans toute ma carrière"

Jeudi et vendredi dernier, les professeurs ont exercé leur droit de retrait. "Nous avons rencontré l’équipe mobile de sécurité, avec les psychologues, l’inspecteur de vie scolaire, et le directeur académique. Ils  sont venus nous dire comment réagir dans ce genre de situation, poursuit le professeur que nous avons interrogé. Ils nous ont demandé de ne pas parler aux médias. Vendredi, nous avons fait venir les élèves pour leur expliquer la situation et pourquoi l’accueil ne serait pas fait".  


Les professeurs, en grève lundi après que leur droit de retrait leur a été refusé, ont été reçus lundi soir par le cabinet de la rectrice de Créteil. "Nous lui avons fait part de nos revendications et de nos inquiétudes. Rappelons que l’élève agresseur n’a pas été retrouvé et que des représailles peuvent  être craintes au lycée mais également à ses abords, commente l’enseignant qui indique n'avoir "jamais vu un tel événement de toute sa carrière".  Avant d'ajouter : "Par ailleurs, nous avons demandé des moyens supplémentaires pour pouvoir assurer convenablement nos missions. Nous exigeons notamment un médecin scolaire et une assistante sociale à plein temps, un conseilleur principal ainsi qu’une assistante d’éducation supplémentaires". 

Reprises des cours et menaces de grève

Mardi, après trois jours sans classe, les élèves ont retrouvé leurs professeurs, pour deux jours de cours.  "Il va y avoir deux semaines de congés. Tout le monde va se changer les idées. Mais nous voulons des changements pour la rentrée, faute de quoi nous n’exluons pas de nous mettre en grève. Nous nous réunirons avec les collègues le 2 novembre (ndlr : veille de la rentrée) pour voir les retours que nous aurons eu du rectorat, et nous déciderons de la suite !", prévient l'enseignant.


Depuis la rentrée de septembre, de nombreuses agressions ont eu lieu dans les établissements français. Plusieurs faits ont notamment été recensés à Tremblay, Epinay-sur-Seine, Argenteuil ou encore Calais. La ministre de l'Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, a condamné une "montée des violences à l'égard des fonctionnaires", qui vise "aussi bien les policiers que les enseignants et les proviseurs". Elle a également encouragé les personnels à porter plainte systématiquement.

VIDÉO - À Argenteuil et Tremblay-en-France, deux violentes agressions ont visé des enseignants

JT13H – À Argenteuil et Tremblay-en-France, deux violentes agressions visaient des enseignants

VIDÉO - Najat Vallaud-Belkacem : "Des agressions particulièrement insupportables"

Najat Vallaud-Belkacem : "Des agressions particulièrement insupportables"

Et aussi

Sur le même sujet

À suivre

Rubriques