Ali Sallah ou Tarek Belgacem ? Mystère sur l'identité de l'assaillant de Barbès

Ali Sallah ou Tarek Belgacem ? Mystère sur l'identité de l'assaillant de Barbès

FAIT DIVERS – Au lendemain de la mort d'un homme abattu par les forces de l'ordre devant le commissariat de la Goutte-d'Or à Paris (XVIIIe arrondissement), les enquêteurs de police tentent d'établir l'identité du défunt. Des investigations sont en cours, notamment sur deux noms.

Ali Sallah ? Tarek Belgacem ? Ou peut-être un tout autre nom. Depuis 24 heures, les enquêteurs de la section anti-terroriste de la brigade criminelle de la préfecture de police (SAT) et de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) tentent d'établir l'identité de l'homme abattu jeudi 7 janvier devant le commissariat de la Goutte-d'Or dans le 18e arrondissement de Paris.

Les faits se sont déroulés avant midi, alors même que le président de la République François Hollande venait d'adresser ses vœux aux policiers sur l'île de la Cité, et que la France commémorait le triste anniversaire des un an des attentats de Charlie Hebdo. Selon le procureur de la République de Paris François Molins, c'est à 11h30 précisément que cet individu "porteur d'une arme blanche de type feuille de boucher et d'un dispositif explosif fictif s'est présenté devant le commissariat du 18e arrondissement, a exhibé son arme et crié 'allah akbar' avant d'être abattu par les policiers en faction devant le commissariat". Ce vendredi matin sur France Inter le procureur de la République a précisé que l'homme n'aurait "pas répondu aux injonctions de s'arrêter des policiers, qui ont alors ouvert le feu."

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Des doutes dès le départ

"Il n'avait pas de papiers d'identité sur lui. Mais très vite, les analyses des empreintes digitales relevées sur sa dépouille nous ont permis de lui donner un nom, a fait savoir dès jeudi à metronews une source proche de l'enquête. Cet homme avait en effet été enregistré au fichier automatisé des empreintes digitales (FAED ndlr) en 2013, après un vol en réunion commis à Saint-Maxime".

L'identification de l'individu a toutefois semé des doutes dès les premières heures d'investigation. A l'époque des faits commis dans le Var, Ali Sallah avait déclaré être né en 1995 à Casablanca, au Maroc. Mais son identité et sa date de naissance n'avaient alors pu être vérifiées. De plus, l'individu était à l'époque sans domicile connu. "Tout de suite, on s'est dit que l'homme abattu ne pouvait avoir 20 ans. Le corps d'un mort peut faire plus que son âge, surtout si le décès remonte à un certain temps. Mais là, l'homme venait de mourir, et déjà il faisait au moins dix ans de plus. Ça ne colle pas", nous a indiqué une source.

Un papier sur lui

En outre, dès jeudi après-midi, François Molins avait précisé qu'un "téléphone portable" et "un papier sur lequel figurent le drapeau de Dach et une revendication manuscrite sans équivoque en langue arabe" avaient été retrouvés sur l'individu. On apprenait un peu plus tard que la missive était signée... non pas d'Ali Sallah mais d'un certain Tarek Belkacem.

Selon les informations du Monde , le texte de revendication était ainsi rédigé : "A la première ligne 'Je suis Abou'", à la ligne suivante, Tarek Belgacem "et, à la troisième ligne, de la ville de 'Tunis'". La suite, en langue arabe, contenait une allégeance à Abou Bakr Al-Baghdadi, chef de l’organisation Etat islamique", et précisait que cette attaque était une réponse aux bombardements en Syrie.

Le téléphone devrait "parler"

Vendredi matin, le procureur de Paris François Molins a apporté plus de précisions. Il s'est dit "pas du tout certain que l'identité qu'il a donnée soit réelle". "Cette identité est contredite par un papier manuscrit" retrouvé sur lui, "sur lequel il y a la profession de foi musulmane, un drapeau de Daech dessiné, et son nom, mais (...) il se dit Tunisien et pas Marocain", a affirmé le procureur. Selon lui, "cet homme (Tarek Belkacem, ndlr) n'est pas connu des services. Mais rien ne prouve à ce stade de l'enquête que cette identité soit la bonne".

"Il va falloir travailler, déterminer l'identité, puis travailler sur un téléphone qu'on a trouvé, qui est doté d'une puce allemande", a indiqué François Molins. Jeudi, une source proche du dossier avait indiqué à metronews que des messages en allemand et en arabe avaient été retrouvés dans le téléphone. Les données sont en cours d'exploitation.

Selon une information iTélé ce vendredi à 16 heures, "l'homme abattu par la police aurait été reconnu par une cousine vivant en Tunisie". Celle-ci aurait "contacté la police judiciaire parisienne" et "affirmé que l'homme abattu "était Tunisien et qu'il avait immigré en France. Son nom serait Tarek Belkacem".

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