Attaque devant Notre-Dame : ce que l’on sait de l’assaillant

FAIT DIVERS – A 16h20 ce mardi, un individu armé d’un marteau a attaqué un policier sur le parvis de Notre-Dame le blessant légèrement. Le collègue du fonctionnaire a fait feu et touché l’assaillant qui a été maîtrisé puis hospitalisé. LCI fait le point sur ce que l’on sait, de l’agresseur, au lendemain de l'attaque. Et alors que sa garde à vue a commencé depuis quelques heures et qu'il serait prêt à collaborer avec les enquêteurs.

Personnes confinées  dans la cathédrale, périmètre de sécurité, tirs et homme au sol… L’attaque survenue ce mardi en milieu d’après-midi à Notre-Dame à Paris, trois jours après l’attentat de Londres, a terrorisé la population. Peu après 16 heures,  un policier en faction sur le parvis a été attaqué par un individu.  Un de ses collègues avec qui il se trouvait a alors "fait feu", blessant l’assaillant. "Légèrement blessé" selon le ministre de l’Intérieur, le policier a été transféré à l’hôpital. 


L’agresseur, également blessé a lui aussi été hospitalisé. Que sait-on de cet homme quelques heures après l’attaque ?

En vidéo

Karine Dalle décrit ce qu'il se passe à l'intérieur de Notre-Dame

Les circonstances du drame

L'exploitation des images de vidéosurveillance a permis d'établir qu'à 16h18, l'agresseur se trouve à une dizaine de mètres de l'entrée de la crypte de Notre-Dame. Il marche derrière un homme plus grand que lui, comme pour se cacher. 


Face à l’hôpital, sur le parvis, il se mêle alors à un groupe d'individus, puis à 16h19 fonce sur trois policiers avec son marteau dans la main droite. Il porte alors plusieurs coups à l'un des fonctionnaires en uniforme. Deux policiers ouvrent le feu, dont celui agressé. L’assaillant est touché puis  maîtrisé. 

Le contenu du sac de l’agresseur

Dans le sac de l’agresseur, "plusieurs couteaux de cuisine ont été retrouvés", a déclaré le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb qui s’est rendu sur place peu après les faits. Selon plusieurs sources policières, "deux couteaux ont été découverts". Une des sources policières indiquait à LCI que le sac contenait également un ordinateur. Une autre source policière indiquait de son côté qu’il s’agissait d’un "livre sur l’histoire du Maghreb au temps de la colonisation". 

Une revendication au moins

Le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb a précisé que l’agresseur avait crié "C’est pour la Syrie". Selon le ministre, il n’y a pas eu d’autres revendications. Une source proche de l’enquête faisait savoir de son côté que l’assaillant s’était revendiqué "soldat du Califat" de l’Etat islamique au moment de son arrestation. 

En vidéo

Attaque à Notre-Dame : l'assaillant a crié "c'est pour la Syrie" lors de l'agression du policier

Blessé au thorax et hospitalisé

Selon une source proche du dossier, l'assaillant a été blessé au thorax et a été évacué vers un hôpital. Le policier agressé, légèrement blessé au cou, a également été transféré à l’hôpital. 

Un étudiant algérien

"L'assaillant avait une carte d'étudiant algérien dont nous devrons vérifier l'authenticité", a d'abord indiqué le ministre de l’Intérieur, avant que cette piste ne se confirme. Inconnu de la police et de la justice, inconnu des services renseignements, cet homme prénommé Farid Ikken et né en janvier 1977 selon  les informations de TF1/LCI, est doctorant en sciences humaines et sociales, marié avec une Suédoise. Il déclare être traducteur. 


Pierre Mutzenhardt, président de l'université de Lorraine, a confirmé à France Bleu que l'agresseur est en doctorat de journalisme au centre de recherche sur les médiations (CREM) à Metz. Il préparait une thèse sur les médias, notamment les médias d'Afrique du Nord.

En vidéo

Notre-Dame : témoignage du directeur de thèse

Journaliste en Algérie, il était arriver à Metz en 2014 pour suivre une thèse sur les médias. "Après la mutation à Paris du directeur de thèse à la rentrée 2015-2016, l'étudiant avait déménagé dans le Val d'Oise pour rejoindre son professeur début 2016, tout en restant inscrit à Metz, précise nos confrères". Un étudiant qui ne "montrait rien de suspect" selon le président de l'université de Lorraine Pierre Mutzenhardt "son directeur de thèse est le premier surpris, il est dans l'incompréhension totale, il travaillait sur le journalisme, sur des sujets plutôt ouverts, il n'avait jamais montré des signes de radicalisation"

Perquisition au domicile du suspect

Une perquisition était en cours ce mardi au domicile du suspect à Cergy-Pontoise dans le Val d’Oise. Il devait être examiné par des médecins psychiatres dans la soirée. Au domicile de l'assaillant présumé, selon les informations de TF1/LCI, les policiers ont découvert une vidéo d'allégeance à Daesh, dans laquelle il se filme revendiquant ses actes à venir.


Toujours selon les informations de TF1/LCI, Farid Ikken s’est filmé dans la nuit de lundi à mardi, à 4h30 du matin, avec son appareil photo, un drapeau de Daesh derrière lui. Durant la séquence, on le voit lire un texte où il prête allégeance à Daech et où il revendique ses actes. Au total, quatre clefs USB ont été découvertes au cours de cette perquisition. Toutes lui appartiennent et sont en cours d’exploitation. Sur l’une d’elles déjà figure de la propagande de Daech.


Par ailleurs, l'assaillant présumé, a visiblement cherché à se débarrasser de puces informatiques dans les toilettes de sa chambre, mardi, avant de se rendre à notre Notre-Dame.

Disposé à parler pendant sa garde à vue

La garde à vue de Farid Ikken a commencé mercredi, à 8h45, à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Il a pris un avocat commis d’office et semble ouvert à l’idée de parler avec les policiers. Sa garde à vue peut durer au maximum 96 heures.

Plus d'articles

Sur le même sujet

En ce moment

Rubriques