Attaque du lycée Tocqueville de Grasse : "K. est paumé, dépassé par les événements", selon son avocat

Coups de feu dans un lycée de Grasse

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FAIT DIVERS - K. B., 16 ans, a été mis en examen samedi, notamment pour "tentatives d'homicide" après l'attaque perpétrée deux jours plus tôt dans l'enceinte du lycée Tocqueville de Grasse (Alpes-Maritimes) qui a fait 14 blessés. Son avocat, Me Valiergue, donne ce lundi à LCI des nouvelles du lycéen qui a été incarcéré samedi.

Il a vu son client pour la première fois samedi dernier, après ses auditions de gardé à vue. "Je suis intervenu au moment où il allait être déféré. Ça m’a rappelé quand j’étais un jeune avocat, et que j’intervenais devant le juge des enfants. Je me suis retrouvé face à un  minot, un gamin de 16 ans de plus de 1,80m, taillé comme un cure-dent, avec une gueule d’ange", raconte à LCI Me Michel Valiergue, avocat de K., auteur présumé des tirs qui ont fait 14 blessés deux jours plus tôt au lycée Tocqueville de Grasse (Alpes-Maritimes).


 Au cours de l’attaque, quatre lycéens ont été blessés par des plombs de fusil à pompe et le proviseur du lycée Tocqueville par une arme de poing de calibre 22. Aucun d'entre eux ne faisaient partie des cibles prédéterminées par le tireur. Huit autres personnes ont été blessées plus légèrement en prenant la fuite. 


Selon Me Valiergue, le lycéen de 1ère L est aujourd'hui "paumé par la situation et dépassé par les événements". "C’est un garçon très poli. Les premières choses qu’il m’a demandées, ce sont des nouvelles des personnes qu’il avait blessées. C’était vraiment son obsession. Il m'a questionné là-dessus deux ou trois fois avant même que nous puissions aborder le fond du dossier".  L'adolescent a été mis en examen samedi, notamment pour "tentatives d'homicide". Il a été placé en détention provisoire. 

"Il avait une liste dans la tête"

Samedi, la procureure de la République de Grasse, Fabienne Atzori, avait indiqué que K. "semblait animé à l'égard d'un certain nombre de victimes, dont le chiffre reste à préciser, entre 8, 13 et 14, d'un ressentiment tel qu'il souhaitait s'en prendre à leurs jours". "La liste, il l’avait dans la tête, elle n’a pas été écrite noir sur blanc, tient à préciser l’avocat de K. B. Dans celle-ci figuraient des garçons et des filles, tous scolarisés dans sa classe". 


Y a-t-il eu un facteur déclencheur, ce jeudi 16 mars ? "Les investigations comme les auditions se poursuivent, il est trop tôt pour le dire. K. va être de nouveau entendu, comme ses proches, ses amis, et ses ‘ennemis’. Il s’agit de déterminer ce qui a pu pousser un gamin de 16 ans bien sous tous rapports à commettre un tel acte. Le dossier pour le moment ne donne pas d’explications tangibles, avec un fondement factuel qui permettrait de se faire une appréhension et une appréciation de la réalité de la situation". 


Me Valiergue poursuit indiquant que son client "a été très franc dans ses dépositions" et que "c’est quelqu’un de réfléchi". "Il n’a pas parlé de harcèlement, il a même dénié cette notion. Il évoque lui des reproches de part et d’autre, des échanges certainement sur les réseaux sociaux avec des réflexions désobligeantes sur sa façon de s’habiller, ses goûts musicaux… Tout part visiblement, de querelles de gamins, d’un ras-le-bol général de ne pas être entendu, de voir aussi certaines autorités hiérarchiques au niveau du lycée non respectées par certains élèves, des profs se faire rabrouer par ces lycéens…", précise l’avocat.  

"Il a des remords"

Fils d'un élu municipal de droite, K. B. qui était apparemment fasciné par la violence, avait pris le fusil de ses parents et le revolver chez son grand-père. Sur des comptes Facebook, Twitter et YouTube correspondant à son nom figurent de nombreuses photos et vidéos morbides, dont des images de la tuerie de Columbine, qui avait fait 15 morts, dont ses deux auteurs, dans un lycée américain en 1999. 


"La différence", c'est que les auteurs de ce genre de tueries "se suicident", alors que K. s'est rendu sans résistance, avait pointé samedi la procureure de la République de Grasse, Fabienne Atzori ."Il assume complètement son geste. Il s'explique de façon tout à fait claire, avait pour sa part indiqué le chef de la police judiciaire niçoise, le commissaire Philippe Frizon. 

On a pratiquement l'impression que, par moments, il est pratiquement déçu de ne pas être arrivé complètement à son projet", avait-il ajouté.


L'avocat du jeune homme ne va pas dans ce sens. "Prendre des nouvelles des blessés, c’est exprimer des remords. Il a pris conscience de ce qu’il avait fait. Il a compris que c’était très grès grave, assure la robe noire. En revanche, il n’a pas pris la mesure des conséquences de son geste, d’un point de vue pénal en tout cas". 


Quant aux différents posts qu’il aurait pu faire sur les réseaux sociaux, "K. a expliqué que c’étaient ses goûts personnels". « Oui  il écoutait du heavy metal, oui il regardait des pages que tout le monde ne regarde peut-être pas, mais c’est un ado, qui fait ce que font beaucoup d’ados", ajoute l’avocat. 

Le lycéen avait vu un psychiatre

Interrogé sur les parents de K., Me Valiergue déclare qu'il y a aujourd'hui "une volonté de ressouder une cellule familiale qui est extrêmement touchée par les événements et qui était loin d’imaginer cela". 


A l’AFP, l’avocat a précisé que K. avait vu un psychiatre avant ce terrible jeudi 16 mars. "Ses parents se sont inquiétés d'une certaine propension de leur fils à avoir un attrait pour les armes ou les films d'action et donc, comme tout parent responsable, ils ont fait appel à un médecin psychiatre qui a indiqué que K. était tout à fait normal et qu'il n'y avait aucune raison de s'inquiéter. Confortés par un avis d'expert, les parents se sont dits qu'ils avaient peut-être affaire à une crise d'adolescence"... 

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