Attentat des Champs-Élysées : failles du système, "laxisme pénal", le parcours judiciaire de Karim C. fait polémique

Attentat des Champs-Élysées

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JUSTICE - Karim C., l'auteur de l'attentat des Champs-Elysées, avait été arrêté en février dernier après avoir proféré des menaces de mort contre des policiers avant d'être libéré, faute de preuves suffisantes. Lors d'une conférence de presse ce vendredi, Marine Le Pen a dénoncé le "laxisme pénal inouï".

Karim C., l’auteur de l’attentat des Champs-Élysées, avait un casier judiciaire bien rempli. Il était connu pour des faits de vols avec effraction, de rébellion, de violences volontaires, mais ce n’est pas tout. En 2001, l’homme avait tiré sur un policier et sur son frère après une course-poursuite en Seine-et-Marne. Deux jours plus tard, lors de sa garde à vue, il attaquait un gardien de la paix, subtilisait son arme et lui tirait dessus à plusieurs reprises, le blessant grièvement. 


Condamné à 15 ans de prison par la course d’assises du Val-de-Marne, il sera remis en liberté conditionnelle au début des années 2010. En octobre 2013, alors qu’il est libre donc, il est à nouveau interpellé pour un vol de voiture et refus d’obtempérer "exposant directement à un risque de mort ou d’infirmité". Pour ces faits, il est condamné à deux ans de prison avec sursis avec mise à l’épreuve en 2014 par le tribunal de Meaux.

Il quitte le territoire alors qu'il est en liberté conditionnelle

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Après la fusillade des Champs-Elysées, Marine Le Pen dénonce un "laxime pénal inouï"

Plus récemment, Karim C. avait l’objet d’une enquête préliminaire antiterroriste après avoir menacé de mort des policiers. Il est arrêté et placé en garde à vue par la police judiciaire de Versailles le 23 février. Selon nos informations, les policiers se rendent alors comptent qu’il se trouve sous contrôle judiciaire avec obligation de soins psychiatriques, qu’il est censé suivre depuis une précédente affaire. 


Pour autant, le juge d’application des peines n’ordonnera pas un retour par la case prison et il sera libéré le lendemain. Toujours selon nos informations, Karim C. s'est également rendu plusieurs fois en Algérie pendant sa période probatoire alors qu'il avait interdiction formelle de quitter le territoire. Des révélations qui ont suscité la colère de la présidente du Front national.


Selon Marine Le Pen, "nous ne pourrons gagner cette guerre, si nous ne mettons pas fin immédiatement au laxisme pénal inouï qui a permis", qui a permis à l'assaillant, "de réussir sa quatrième tentative d'assassinat contre les policiers". Les syndicats de police ont eux aussi vivement réagi à cette décision. 

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Attaque des Champs-Elysées : ce que l'on sait de l'assaillant

On peut s'étonner, sans remettre en cause la justice, que cet individu soit remis en libertéJean-Claude Delage, secrétaire général du syndicat Alliance police nationale

"On peut s'étonner, sans remettre en cause la justice, que cet individu soit remis en liberté, ce qui démontre une nouvelle fois le fossé entre la mission de protection de la population assignée aux policiers et les décisions de justice qui compliquent leur mission et peuvent avoir des conséquences dramatiques", a déclaré à l'AFP Jean-Claude Delage, secrétaire général du syndicat Alliance police nationale.


Interrogée sur Europe 1, la secrétaire générale du Syndicat des commissaires de la Police nationale (SCPN) Céline Berthon a affirmé qu'on n'avait "plus le droit de faire preuve de la même légèreté ou de la même confiance en l'être humain quand on a des individus dont on sait que leurs chances de rédemption sont relativement faibles". Et d'ajouter : "C'est ça que ça pose aujourd'hui comme question, c'est ça que ça va probablement susciter comme réaction dans les rangs des policiers, ça justifiera peut-être un petit peu de colère, mais on doit l'aborder avec gravité et sérénité".

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