Attentat des Champs-Élysées : que sait-on de Karim C., l'auteur de l'attaque meurtrière ?

Attentat des Champs-Élysées

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PORTRAIT - Au lendemain de l'attentat des Champs-Elysées, où un policier a trouvé la mort, on en sait un peu plus sur l'auteur des faits, un Français de 39 ans originaire de Seine-Saint-Denis. Ce dernier faisait l'objet d'une enquête terroriste et avait manifesté son intention de tuer des policiers en février dernier.

Au lendemain de l'attentat des Champs-Elysées, on en sait un peu plus sur le profil de l'assaillant. Selon nos informations, l'agresseur abattu est un Français de 39 ans, né à Livry-Gargan en Seine-Saint-Denis. S'il n'était pas techniquement fiché S, l'homme était cependant bien connu de la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI) et visé par une enquête antiterroriste. 


"Ici, tout le monde le connaît, c'est quelqu'un qui a perdu la raison, de psychologiquement vraiment atteint", confie à l'AFP sous couvert d'anonymat un habitant de son quartier calme et pavillonnaire de Chelles en Seine-et-Marne), qui dit le connaître depuis plus de vingt ans. "Ses actes, ses réactions, sa façon de marcher, son attitude étaient en décalage, comme s'il venait de Mars", poursuit-il. "Il a un grain", confirme Salim, qui se présente comme un ami d'un de ses cousins, et assure l'avoir vu pour la dernière fois "il y a deux ou trois semaines".

Un casier judiciaire bien rempli

Bien connu des forces de l'ordre, Karim C. avait été condamné en 2005 à quinze ans de réclusion pour tentatives d'homicide volontaire sur un policier, un élève gardien de la paix et le frère de celui-ci, en Seine-et-Marne, avant d'être libéré au début des années 2010.  Selon nos informations, il a été en contact avec des détenus islamistes lors de son passage en prison, mais n'était pas connu pour des faits de radicalisation ou des liens avec l'islam radical. 


Il se fait à nouveau répérer en octobre 2013 pour vol de voiture et refus d’obtempérer "exposant directement à un risque de mort ou d’infirmité". Il sera condamné à deux ans de prison avec sursis avec mise à l’épreuve assorti d'un suivi psychologique par le tribunal de Meaux. Cette condamnation est effective du 14 octobre 2015 au 14 octobre 2017.

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Il semble avoir agi seul

Après sa libération conditionnelle, il n'avait pas particulièrement fait parler de lui et réussi à se faire oublier. Jusqu'au 23 février dernier. Ce jour-là, il est placé en garde à vue par la police judiciaire de Versailles après des menaces de morts sur des policiers. On se rend compte à ce moment-là qu'il viole le contrôle judiciaire - accompagné d'une obligation de soins psychiatriques- qu'il est censé suivre depuis une précédente affaire. 


Pour autant, le juge d’application des peines n’ordonnera pas un retour par la case prison et il sera libéré le lendemain. Toujours selon nos informations, Karim C. s'est également rendu plusieurs fois en Algérie pendant sa période probatoire alors qu'il avait interdiction formelle de quitter le territoire. Des révélations qui ont suscité la colère de la présidente du Front national.

Vous lui disiez 'Daech', je suis sûr qu'il ne savait même pas ce que c'étaitL'ami d'un de ses cousins

Son attaque sur les Champs-Elysées a été presque aussitôt revendiquée par le groupe jihadiste Etat islamique (EI), mais cette revendication pose question puisque l'organisation donne un nom de guerre d'un jihadiste belge nommé comme "Abu Yussef le Belge".


Du reste, Karim Cheurfi n'est pas décrit dans son voisinage comme un homme radicalisé ayant pu graviter dans la nébuleuse salafiste jihadiste. "Vous lui disiez 'Daech', je suis sûr qu'il ne savait même pas ce que c'était", balaye Salim. "Il ne savait même pas se servir d'une télécommande, alors aller sur internet et contacter 'Daech', j'imagine pas !", développe-t-il. Abdel, un autre voisin de 23 ans, abonde : "il avait une haine contre la police, contre la France. Il était marqué par la prison. Mais Daech, c'est n'importe quoi". L'enquête en cours devrait permettre d'en savoir plus.

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Au cours de cet attentat, un policier a trouvé la mort deux autres ont été blessés, dont l'un grièvement, tandis qu'une touriste a été plus "légèrement" touchée par balle, selon les autorités. L'assaillant a quant à lui été abattu par la police. 


François Hollande a "convoqué" un conseil de défense vendredi à 8h, à l'issue jeudi soir d'une réunion de crise au cours de laquelle le Chef de l'Etat s'est entretenu avec le Premier ministre Bernard Cazeneuve et les ministres de l'Intérieur et de la Justice, Matthias Fekl et Jean-Jacques Urvoas.

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