Attentat du musée juif de Bruxelles : Mehdi Nemmouche perdrait "la vue et l'ouïe"et menace de ne pas assister à son procès

Attentat du musée juif de Bruxelles : Mehdi Nemmouche perdrait "la vue et l'ouïe"et menace de ne pas assister à son procès

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MENACE - Mehdi Nemmouche, l'auteur présumé de la tuerie du Musée juif à Bruxelles qui avait fait en mai 2014 quatre morts, "est en train de perdre la vue" en prison. Il exige un diagnostic et un traitement médical, faute de quoi il refusera de comparaître à son procès, ont prévenu ses avocats.

L'attentat du Musée juif de Bruxelles, qui avait fait 4 morts le 24 mai 2014, est considéré comme le premier sur le sol européen commis par un membre présumé du groupe Etat islamique (EI). Son auteur présumé, Mehdi Nemmouche doit être jugé courant 2018 mais il se pourrait que tout ne se passe pas comme prévu. 


Placé à l'isolement dans une prison belge, il "est en train de perdre la vue, (...) l'ouïe, il est traversé au niveau de sa boîte crânienne par des douleurs insupportables", a affirmé jeudi son avocat Me Sébastien Courtoy, devant la presse au palais de justice de Bruxelles. 

Des symptômes comparables à ceux d'"une tumeur au cerveau"

En conséquence de quoi, il "exige un diagnostic et un traitement médical, faute de quoi il refusera de comparaître à son procès, ont prévenu ses avocats. Nemmouche venait de comparaître devant la juridiction qui permet de statuer sur sa détention "pour la première fois en plus de deux ans", car il souhaitait que la justice prenne conscience de son état physique, a-t-il expliqué. 


"Il n'y aura pas de procès Nemmouche ! (...) Il n'est pas physiquement en état de se défendre, ni d'étudier son dossier", faute de pouvoir se concentrer, a insisté Me Courtoy, évoquant des symptômes comparables à ceux d'"une tumeur au cerveau". Un autre de ses avocats, Me Hendi Laquay, a de son côté mis en cause la responsabilité de l'administration pénitentiaire belge. Celle-ci refuserait, "pour des raisons inexplicables" de faire pratiquer le scanner et l'IRM (imagerie par résonance magnétique) recommandés depuis avril par un médecin désigné par la juge d'instruction. Voilà pour la Belgique. 

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Et il se pourrait qu'il se passe la même chose en France. L'enquête sur la tuerie du musée juif, où un couple de touristes israéliens, une bénévole française et un jeune employé avaient été abattus de sang-froid, est bouclée depuis le printemps dernier. Mais incapable, en l'état actuel, d'être jugé en Belgique pour la tuerie du musée juif, Nemmouche ne pourrait pas non plus, d'après ses avocats, l'être en France, où il encourt aussi un procès. Il est soupçonné d'avoir été un des geôliers de quatre journalistes français ex-otages en Syrie.  


Mehdi Nemmouche, qui était allé combattre en Syrie dans les rangs des jihadistes, avait été interpellé à la descente d'un car en provenance de Bruxelles à Marseille (sud-est de la France) le 30 mai 2014. Extradé deux mois plus tard en Belgique, il a été inculpé pour "assassinat dans un contexte terroriste" et est depuis lors incarcéré. Il reconnaît avoir "joué un rôle" dans l'attaque mais nie avoir été présent au Musée, selon son avocat, Sébastien Courtoy.


Le parquet fédéral attend encore de se faire communiquer le dossier de la juge d'instruction pour prendre ses réquisitions, a indiqué un de ses porte-parole à l'AFP. D'après Me Laquay, un procès ne devrait pas se tenir "avant septembre 2018". Selon le parquet fédéral il aura lieu "certainement" l'an prochain.

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