Attentats de Paris : des messages entre Brahim Abdeslam et Abdelhamid Abaaoud découverts dans un téléphone

Attentats de Paris : des messages entre Brahim Abdeslam et Abdelhamid Abaaoud découverts dans un téléphone

TERRORISME – Près d’un an et demi après les attentats du 13 novembre 2015, une conversation entre Brahim Abdeslam et Abdelhamid Abaaoud vient d’être retrouvée dans un GSM. Le portable, qui appartenait à Brahim Abdeslam, avait été saisi par la police belge avant les attaques dans la capitale.

Une conversation de 12 minutes et 7 messages au total entre Abdelhamid Abaaoud et Brahim Abdeslam. C’est ce que viennent de retrouver les enquêteurs dans le téléphone portable du grand frère de Salah Abdeslam. Soupçonné d'avoir fait partie de l'équipe de trois hommes qui ont attaqué les terrasses de plusieurs cafés parisiens le 13 novembre, causant la mort de 39 personnes. Brahim Abdeslam est mort ce même soir au Comptoir Voltaire, café du boulevard Voltaire dans le 11e arrondissement où il activé sa ceinture explosive. 

Ce GSM de Brahim Abdeslam avait pourtant été saisi avant les attaques dans la capitale française par la police belge. Mais "l’appareil avait disparu", selon la RTBF qui révèle le contenu de ces messages qui datent du 1er juillet 2014, six mois avant la fusillade de Verviers  et seize mois avant les attentats de Paris. Au moment de cet échange, Brahim Abdeslam est en Belgique, Abdelhamid Abaaoud en Syrie. Alors que les deux hommes sont issus du même quartier, Abdelhamid Abaaoud est déjà recherché par les autorités, mais Brahim Abdeslam n'est encore connu que comme simple délinquant.

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"Je t’aime mon frère et qu’Allah soit avec toi"

Les messages ont été retrouvés il y a quelques semaines, en février 2017 selon nos confrères belges. En voici la teneur : 


 - Brahim Abdeslam : "Salam frère. Mabroek Ramadan."

- Abdelhamid Abaaoud : "On a déclaré le khalifat. Allah Akbar."

- Brahim Abdeslam : "Allah Akbar. J’arrive, incha Allah. A bientôt mon frère."

- Abdelhamid Abaaoud : "Inshallah."

- Brahim Abdeslam : "Je t’aime mon frère et qu’Allah soit avec toi. Amin."

- Abdelhamid Abaaoud : "Je t’aime fi lah. Qu’Allah te guide dans la voie du djihad et t’accorde le martyr. Déchire ces kuffars et prends leur un maximum de porcs et viens rejoindre l’armée d’Allah."

- Brahim Abdeslam : "Ok mon frère. Incha Allah. Je te contacte bientôt. Allah y hafdek (Dieu te garde). Salam al’ikoum."

Dossier à l’époque classé sans suite

Le 16 février 2015, Brahim Abdeslam avait été entendu par la police locale de la zone Bruxelles-Ouest après avoir été contrôlé au volant d'une voiture et arrêté pour possession de stupéfiants.  Son téléphone avait alors été saisi, ses données copiées. "Mais il ne sera jamais analysé car le dossier est classé sans suite, faute d'éléments probants", souligne nos confrères.

En novembre 2015, alors que le nom de Brahim Adbeslam refait surface, les enquêteurs recherchent le GSM mais le téléphone est introuvable. Seule la copie est analysée, et rien de probant n'en ressort. "Un  an plus tard, le 9 novembre 2016, la police de Molenbeek retrouve le téléphone, perdu sous une pile de dossiers,  indique la RTBF. Une nouvelle analyse est lancée, avec un logiciel plus puissant. En février 2017, la conversation de juillet 2014 est extraite de la mémoire du téléphone. Soit deux ans après la saisie de l'appareil".


Un dossier a été ouvert au parquet de Bruxelles pour élucider le mystère de cette longue disparition du GSM. .

 

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