Attentats de Paris : ces spécialistes qui alertaient sur l'imminence d'une telle attaque

Attentats de Paris : ces spécialistes qui alertaient sur l'imminence d'une telle attaque

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TERRORISME – De nombreux spécialistes, à l'image du juge antiterroriste Marc Trévidic dans une interview récente à Paris Match, ont alerté ces dernières semaines sur le risque qu'une attaque comme celle qui a ensanglanté Paris vendredi soir.

Les spécialistes du terrorisme s'attendaient à une attaque de l'ampleur de celle qui a frappé Paris. Et beaucoup d'entre eux avaient prévenu. Un entretien, celui accordé fin septembre à Paris Match par l’ancien juge antiterroriste Marc Trévidic, apparaît particulièrement prémonitoire depuis vendredi soir.

"J’ai acquis la conviction que les hommes de Daech ont l’ambition et les moyens de nous atteindre beaucoup plus durement en organisant des actions d’ampleur, incomparables à celles menées jusqu’ici, s'inquiétait-il dans cette interview , assurant que "les jours les plus sombres sont devant nous" et que "la vraie guerre que l’EI entend porter sur notre sol n’a pas encore commencé". Encore plus prophétique, le magistrat disait "redouter" "des actions d’envergure que prépare sans aucun doute l’EI, comme celles menées par Al-Qaida, qui se sont soldées parfois par des carnages effroyables."

Une extrême inquiétude que l'AFP relayait dans une dépêche, datée du 2 octobre, dans laquelle d'autres experts s'alarmaient de la préparation d'actions d'une ampleur inégalée, et impossibles à déjouer, "la chance et la maladresse opérationnelle des auteurs des dernières attaques, comme celles de Villejuif ou du train Thalys", ne pouvant durer. "Jusqu'à aujourd'hui, on a eu les peintres en bâtiment. Ce qu'on craint vraiment, ce sont les professionnels qui vont suivre", expliquait un responsable de la lutte antiterroriste sous couvert d'anonymat. "La mode est désormais aux attaques à la kalachnikov, qui vont durer", affirmait un autre, avant de décrire la grande crainte des services antiterroristes : une copie, à Paris ou dans une grande ville, de l'attaque par un commando bien armé du centre commercial Westgate à Nairobi, en septembre 2013, qui a fait 68 morts au terme de quatre jours de siège. "S'ils s'enferment dans un grand magasin, c'est le cauchemar pour les trouver", redoutait le même responsable. "Le jour où on tombe sur deux bons vétérans des combats en Syrie, on est mal". Des propos qui trouvent un terrible écho avec l'attaque de la salle de concert du Bataclan .

"Cela arrivera très probablement sur notre sol"

Slate a également repéré, dans un article publié samedi, les propos prémonitoires tenus sur son blog par un colonel à la retraite, Michel Goya. Le 25 octobre dernier, dans un texte intitulé "Le jour d'après la grande attaque" , il soulignait que les attaques perpétrées par Mohammed Merah en 2012, puis par les frères Kouachi et Amedy Coulibaly en janvier 2015, avaient "provoqué beaucoup d’émotion" mais qu'elles n'étaient "pourtant encore que peu par rapport aux dizaines d’attentats massifs et d’attaques dynamiques qui ont frappé diverses nations du monde depuis 2001". "La première des responsabilités, poursuivait-il, serait d’expliquer que cela arrivera très probablement sur notre sol dans les mois ou années à venir". Cette "grande attaque" pourrait prendre "la forme d’un commando venu de Libye éclatant en cellules autonomes de massacre au cœur de Marseille ou d’une équipe de snipers frappant les foules parisiennes une nuit du nouvel an… ou tout autre procédé pourvu qu’il soit stupéfiant", écrivait-il ensuite dans cette note dans laquelle il pointait le manque de préparation et l'incapacité de la France, selon lui, à engager une véritable stratégie pour répondre à une telle attaque.

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Le général Vincent Desportes prévenait lui aussi, sur France Inter fin octobre (mais il l'a fait auprès d'autres médias ) que "les Français doivent être conscients que nous allons vers des attentats majeurs". Celui qui vient de publier "La dernière bataille de France", un livre dans lequel il s'alarme de la réduction des moyens militaires de l'Hexagone, jugeait que "les pouvoirs politiques doivent dire aux Français que nous allons vers des attentats de masse". Les responsables politiques aussi, toutefois, ont eux aussi régulièrement alerté sur le risque de telles actions. "Le risque terroriste a changé de nature. Il est extrêmement élevé", prévenait ainsi le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve sur TF1 le 26 juin , après l'attentat contre une usine qui avait fait un mort en Isère. "Chaque jour, nous procédons à la mise hors d’état de nuire d’individus désireux de frapper notre pays", poursuivait-il quelques jours plus tard dans L'Express . Rien n'aura finalement pu empêcher les abominables attaques de vendredi.

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