Attentats de Paris : face au drame, des taxis ont éteint leur compteur

Attentats de Paris : face au drame, des taxis ont éteint leur compteur

SOLIDARITÉ - Ni métro, ni bus, un quartier bouclé... Pour les Parisiens situés aux alentours des zones touchées par les attaques terroristes, le retour chez soi a été un chemin de croix. Mais certains ont trouvé une solution grâce à la générosité de quelques taxis.

Ils n'étaient pas obligés de le faire, mais face au drame, quelques chauffeurs de taxis ont symboliquement éteint leur compteur et offert des courses gratuites pour parer au plus urgent : sauver des vies humaines déjà traumatisées par la vague d'attentats qui a touché Paris et Saint-Denis vendredi 13 novembre.

Une soupape bienvenue

Alors que les bouches de métro des 10e et 11e arrondissements de Paris se fermaient les unes après les autres, de nombreux Parisiens se sont retrouvés sans solution pour rentrer chez eux et se mettre à l'abri. C'est notamment aux abords du Bataclan, où s'est déroulée la sanglante prise d'otages lors d'un concert du groupe Eagles of the Death metal, que les besoins ont été les plus forts.

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Farid*, la petite trentaine, avait commencé son service quelques heures plus tôt quand, en plein repas, il a eu vent des premières fusillades : "Mon frère est taxi, lui aussi, et il était devant le Bataclan quand ça a commencé à pétarader." Confiné dans le restaurant, Farid allonge sa pause, mais rapidement, l'envie d'être sur place reprend le dessus. Il prend alors le volant, direction la salle de concert, où la prise d'otages prend fin. Déjà présente sur Twitter grâce au hashtag #PorteOuverte, la solidarité va s'étendre aux quatre-roues.

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La reconnaissance des Parisiens

"Avec quelques collègues, on s'est concertés et on a éteint les compteurs. Pas d'ordre de la préfecture ou de notre employeur, rien. Il fallait aider ces gens", raconte-t-il, la voix encore émue par ce qu'il a vécu la veille. "J'ai fait des allers-retours jusqu'à l'hôpital Necker pour conduire des blessés, j'ai ramené des gens chez eux. Une trentaine environ. J'avais trois nanas que j'ai déposé pas loin de chez elles, elles étaient en pleurs."

Du côté des Parisiens, le geste de ces quelques taxis n'est pas passé inaperçu. Certains sont allés jusqu'à comparer l'opération avec celle des taxis de la Marne quand, en 1916, l'armée avait réquisitionné les taxis parisiens pour véhiculer les blessés du front de guerre. D'autres les ont remerciés, en toute sobriété.

* Le prénom a été changé

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