Attentats de Paris : le plan d'attaque des kamikazes du Stade de France

Attentats de Paris : le plan d'attaque des kamikazes du Stade de France

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RÉCIT - On en sait désormais plus sur la façon dont ont voulu procéder les trois kamikazes du Stade de France vendredi soir, en marge du match amical France-Allemagne.

Le plus bel exploit du match France-Allemagne a eu lieu après le coup de sifflet final. Il fut l'oeuvre des membres du dispositif de sécurité, qui ont su contenir un mouvement de panique quand un individu a cru bon de jeter des pétards sur la foule à sa sortie du Stade de France, tout près du lieu de la seconde explosion... Les gens ont alors été invités à retourner dans l'enceinte, par mesure de précaution, avant d'être rassurés et invités à sortir. Pour le reste, la terrible attaque qui a eu lieu quelques minutes auparavant s'est passée sans que la grande majorité du public ne s'en rende compte. Surtout, les dégâts finaux, ce funeste vendredi soir à Saint-Denis, ont été bien moindres que ce qu'avaient espéré les trois kamikazes.

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On en sait désormais plus sur ce qu'ont tenté de faire ces derniers. Samedi soir, le Wall Street Journal affirmait, citation d'un stadier à l'appui, que l'un d'eux disposait d'un billet pour le match mais a été refoulé lors de la fouille, à l'entrée. Une version contredite ce dimanche par L'Équipe , qui précise d'ailleurs que, dans un tel cas de figure, le kamikaze se serait fait sauter après la fouille, tuant immanquablement plusieurs stadiers sur le coup... Les deux journaux s'accordent toutefois sur un point : deux hommes ont bien tenté d'atteindre les tribunes pour commettre un massacre autrement plus traumatisant, qui aurait, en outre, été vu en direct par des millions de téléspectateurs.

Leur idée : créer un mouvement de panique

Il est 21h05 quand les deux kamikazes tentent d'entrer dans le stade, l'un à la porte D, l'autre à la porte J. Un moment où le match a déjà débuté et où la plupart des victimes potentielles se trouvent donc à l'abri, à l'intérieur. Une demi-heure plus tôt, ils étaient encore environ 25 000 à faire la queue devant les tourniquets... Fermement repoussés, les deux hommes décident alors de se faire sauter aux abords du stade, à trois minutes d'intervalle (à 21h17 puis à 21h20), durant la première période. Un homme mourra dans le souffle d'une des déflagrations.

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Leur idée : créer un mouvement de panique dans le stade, qui aurait conduit un nombre important de spectateurs à se diriger vers le RER B, non loin du McDonald's où attendait leur complice. Celui-ci se fera exploser une grosse vingtaine de minutes plus tard, pendant la mi-temps du match et l'exfiltration du président de la République. Si ce projet a échoué, c'est parce que, très vite, dans le PC de sécurité du stade, la décision a été prise de ne laisser sortir personne avant la fin de la rencontre. Et surtout de ne rien communiquer, pour permettre aux forces de l'ordre, en quête d'autres explosifs, voire d'un 4e kamikaze, de boucler le périmètre autour des lieux d'explosion.

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"Avec ma pote, nous sommes sortis du stade à la 82e minute, nous avons marché pour que mon beau-frère nous récupère à Carrefour Pleyel. Beaucoup de gens ont suivi le même chemin, raconte Sonia, une spectatrice du match, à Libération . Là, ça court dans tous les sens, je me dis : ''Mais où est-ce qu’on est !?' Puis on tombe sur une scène digne des experts à Las Vegas, avec des mecs en tenue blanche qui ramassent des morceaux. J'ai vomi."

La plupart des autres spectateurs ne verront rien des écrous et des boulons contenus dans les ceintures bourrées d'explosifs, ni de la chair et des ossements de ceux qui les portaient. D'abord parce les sorties menant aux lieux d'explosion ont été fermées, ce qui a aussi conduit de nombreuses personnes à patienter sur la pelouse en attendant de pouvoir s'en aller. Mais surtout parce que, dès le coup de sifflet final, le travail des services de déminage, des policiers du RAID et des gendarmes du GIGN était terminé. Terriblement mis à l'épreuve, le dispositif de sécurité global aura fait montre d'une gestion et d'un sang-froid remarquables, à sept mois de l'Euro 2016 en France.

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