Attentats de Paris : les ceintures explosives, une arme de destruction massive inédite en France

Attentats de Paris : les ceintures explosives, une arme de destruction massive inédite en France

TERRORISME - Les djihadistes auteurs du massacre de vendredi soir à Paris étaient tous porteurs de gilets piégés. Un mode opératoire inédit dans l'Hexagone, qui complique encore la tache des forces de l'ordre.

Avec les attaques coordonnées de Paris et du Stade de France, les terroristes ont franchi une nouvelle étape dans la violence. Non seulement ils ont montré qu'ils pouvaient agir en meute, et plus comme lors des précédents attentats par le biais de loups solitaires. Mais ils ont aussi utilisé un procédé inédit dans l'Hexagone : les ceintures explosives.

Chacun des sept djihadistes morts vendredi soir portait un gilet piégé qui, selon le procureur de la République de Paris François Molins, était identique à ceux des autres : tous étaient composés de TATP, "un explosif primaire très volatile, et étaient confectionnés avec les "mêmes piles", ainsi que le "même détonateur" (dans le cas des attaques suicide du Stade de France, des boulons ont été ajoutés pour intensifier les dégâts). Et aucun des kamikazes n'a hésité à l'utiliser.

"Les rassemblements où il va y avoir de la foule sont susceptibles d'être ciblés"

Un mode d'action que Daech n'a pas manqué de souligner dans son message revendiquant les attentats : "Huit frères portant des ceintures explosives et armés de fusils d'assaut ont visé des sites choisis soigneusement au cœur de Paris", a écrit sur Internet le groupe terroriste (qui parle de huit assaillants et non de sept). Un motif de crainte supplémentaire pour les forces de sécurité. Interrogés par l'Agence France-Presse, trois experts estiment que l'artificier qui a confectionné ces ceintures explosives ne faisait probablement pas partie de l'équipe d'assaut, car "le spécialiste en explosif est trop précieux", et qu'il est donc "là, quelque part". L'un d'eux, l'ancien membre du service Action de la DGSE Pierre Martinet, désormais reconverti dans le conseil de sécurité aux entreprises, poursuit en faisant part du caractère "extrêmement inquiétant" de ce nouveau procédé, à la veille de la COP21 au Bourget puis des fêtes de fin d'année. "Désormais, les rassemblements où il va y avoir de la foule sont susceptibles d'être ciblés, souligne-t-il. Tous les services sont sur des charbons ardents".

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Toujours auprès de l'AFP, dans un article consacré au "mystère des kamikazes" du Stade de France, qui se sont faits sauter dans un lieu isolé et n'ont tué qu'une personne en plus d'eux-mêmes, une source policière juge qu'il est "miraculeux qu'il y ait eu si peu de victimes" en marge du match France-Allemagne. Car si les kamikazes s'étaient mêlés à la masse de supporters au moment où ceux-ci cherchaient à entrer ou à sortir du stade, provoquant ainsi un mouvement de panique, le nombre de victimes aurait pu être considérable. Les services de sécurité vont devoir s'adapter à cette nouvelle donne.

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