Attentats du 13 novembre : la ville de Chartres refuse d'inhumer l'un des terroristes

Attentats du 13 novembre : la ville de Chartres refuse d'inhumer l'un des terroristes

MALAISE - Le maire Les Républicains de Chartres, Jean-Pierre Gorges, a indiqué samedi qu'il ne souhaitait pas inhumer dans sa ville le premier terroriste identifié du Bataclan, Ismaël Mostefaï. A ce jour, sur les huit terroristes qui ont causé la mort de 130 personnes et fait 352 blessés, un seul a été enterré : Samy Amimour.

Le corps d'Ismaël Mostefaï est toujours à l'Institut médico-légal (IML), à Paris, et devrait encore y rester quelques temps. Un peu plus de deux mois après la mort de cet individu âgé de 29 ans, la dépouille de celui qui a été le premier terroriste du Bataclan à être identifié n'a toujours pas été enterrée. 

Dans L'Echo Républicain samedi, le maire Les Républicains de Chartres (Eure-et-Loir), Jean-Pierre Gorges, a fait savoir qu'il ne voulait pas l'inhumer sur sa commune - où le terroriste était arrivé lorsqu'il était adolescent. "J’ai vérifié. Légalement, pour moi, il ne remplit pas les conditions. La famille Mostefaï a quitté la maison de La Madeleine en 2012. Lui est certes resté encore ici, mais il n’avait pas d’adresse propre, il squattait chez quelqu’un. J’attends qu’on me prouve où était son domicile officiel jusqu’en 2015. Je ne ferai aucun effort si une demande d’inhumation nous parvenait. Aucun. Ce type n’a été que de passage à Chartres alors que, parmi les victimes du Bataclan, nous avons perdu une jeune Chartraine qui ne demandait qu’à vivre", déclare l'édile dans le journal local.

A l'état civil, en 2013

Ismaël Mostefaï est né dans l’Essonne en 1985. Il est effectivement arrivé à Chartres à l’adolescence avec ses parents, ses deux sœurs et ses deux frères. La famille Mostefaï a vécu là dans une maison du quartier de La Madeleine avant de s’en aller pour Romilly-sur-Seine (Aube), en 2012. Ismaël Mostefaï, lui, n'aurait pas quitté la ville. Ainsi, le 19 août 2013, quelques jours avant son premier départ en Syrie, il était allé déclarer lui-même, aux services de l’état civil, la naissance de son second enfant, un fils né le 16 août à la maternité de l’hôpital de Chartres.

Faute d'être enterré en Eure-et-Loir, Ismaël Mostefaï pourrait être inhumé à Paris, où il est mort, ou en Algérie, le pays de son père et de sa femme, Khadidja, qu’il avait épousée à Sig, un village près d’Oran, le 10 juin 2008.

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D'autres corps à l'Institut médico-légal

La famille MostefaÏ n'est pas la seule à être concernée par cet épineux sujet. Ainsi, au 17 janvier 2016, seul l'ancien chauffeur de bus Samy Amimour, 28 ans, qui lui aussi faisait partie du commando du Bataclan, a été enterré. Les obsèques ont eu lieu le 24 décembre à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), dont dépend la ville de Drancy où il était domicilié. Elles se sont déroulées dans le plus grand secret. "Pour éviter de créer un lieu de profanation ou de dévotion, il a été enterré en fin d’après-midi après la fermeture du cimetière au public", a précisé au Monde le préfet du département, Philippe Galli. Sa tombe, qui se trouve dans le carré musulman, est anonyme.

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Samy Amimour enterré à La Courneuve le 24 décembre >> Attentats de Paris : que faire des dépouilles des terroristes ?

Outre Samy Amimour, le parquet de Paris a également octroyé un permis d'inhumer à la famille de Bilal Hadfi, 20 ans, Français qui vivait en Belgique et qui s’est fait exploser devant le Stade de France. Sa mère, Fatima Hadfi souhaite rapatrier son corps au Maroc pour l'enterrer à Berkane, village d’origine de sa famille.

Pour les autres terroristes morts au cours des différentes attaques, le procureur de la République de Paris n'a pas encore délivré de permis d'inhumer. Tous les corps sont encore à l'IML, dans le 13e arrondissement de la capitale.

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