Aulnay : la famille d'un jeune homme retrouvé mort dans une cave dépose une plainte contre X pour "homicide"

Aulnay : la famille d'un jeune homme retrouvé mort dans une cave dépose une plainte contre X pour "homicide"

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FAIT DIVERS – Dix jours après la mort de Yacine, 24 ans, dont le corps sans vie a été retrouvé par un dératiseur dans une cave d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), sa famille a déposé samedi 23 septembre une plainte contre X pour "homicide". Le parquet de Bobigny a, dès le début de cette affaire, écarté la piste criminelle. Les proches demandent une contre-autopsie.

Pour la famille, la version des enquêteurs comme celle rendue public par le parquet de Bobigny au lendemain et au surlendemain des faits "ne colle pas". Dix jours après la découverte par un professionnel de désinsectisation du corps sans vie de Yacine, 24 ans, dans la cave d’un immeuble situé au 20, avenue de Savigny à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), "une plainte contre X pour 'homicide' a été déposée par Billel, le frère de la victime", a indiqué à LCI l’avocat de la famille, Me Franck Lévy.


Le conseiller de la famille de Yacine "souhaite l’ouverture d’une information judiciaire et qu’un juge d’instruction soit nommé "pour faire toute la lumière sur les faits". "Il faut pratiquer une contre-expertise et je souhaite faire de nouvelles demandes d’actes car plusieurs questions se posent", ajoute Me Lévy, décrivant un "enchaînement des faits qui pose problème".

Blessures des "deux côtés" du visage

Le corps de Yacine avait été découvert le jeudi 14 septembre vers 10h30 par le dératiseur.  "La victime, de sexe masculin, avait le pantalon à moitié abaissé au niveau des cuisses. Elle était face contre terre et légèrement recroquevillée, avait indiqué une source proche du dossier le vendredi 15 à LCI. Une barre de fer se trouvait sous son corps. La victime présente par ailleurs un hématome au niveau de la tempe et quelques griffures à ce même endroit." Dans une autre cave située à proximité du corps et dont la porte était ouverte, les enquêteurs ont également découvert une boîte en plastique avec des traces de poudre. A côté de cette boîte se trouvaient également des comprimés de Doliprane et des pochons de conditionnements…. 

Dans un communiqué de presse publié dans la soirée le 15 septembre, le parquet de Bobigny indiquait que l’autopsie n’avait "pas révélé de traces de coups susceptibles d’entraîner le décès et conduit à écarter l’hypothèse d’une mort violente". Le lendemain, il faisait savoir que l'analyse toxicologique avait "révélé la présence de cocaïne à un taux très élevé compatible avec un décès par surdose. L'analyse permet en outre de conclure que la substance retrouvée à proximité du corps était également de la cocaïne".

"Le corps de mon frère nous a été présenté deux fois derrière une vitre à l’institut médico-légal, une fois du côté droit, une fois côté gauche, indique Billel, frère de la victime. Côté droit, il y avait un hématome, des éraflures, une blessure à la paupière, une incision au niveau du nez. Sur le côté gauche, il y avait deux hématomes et une blessure au niveau du nez notamment. Si mon frère était simplement tombé, il n’aurait pas toutes ses traces sur le visage !"

"Impossible de faire le deuil"

Selon ses proches, Yacine était avec des amis jusqu’à 4h40 dans la nuit du 13 au 14. Il se trouvait alors sur un parking à proximité de l’immeuble de l’avenue de Savigny où il vit. "Ma mère l’a appelé à 4h40, elle est agent de sécurité incendiaire. Elle voulait lui donner les clés de l’appartement avant de partir au travail. Il n’est jamais rentré, dit Billel. Nous voulons savoir ce qu’il s'est passé entre le parking à 70 mètres de l'appartement et les sous-sols de l’immeuble. Nous avons demandé à voir les images des caméras de vidéosurveillances, cela nous a été refusé". 


La famille de Yacine n’a à ce jour eu accès à aucun élément du dossier. "La seule chose que j’ai eu entre les mains, c’est mon dépôt de plainte, et ça a mis du temps, confie Billel, 29 ans . On m’a envoyé de commissariat en commissariat avant de la prendre : Bobigny, Aulnay, Sevran, Montreuil, Aulnay à nouveau. Au bout de cinq fois, j’ai pu le faire ". 


Douze jours après la mort de Yacine, son corps est encore à l’Institut médico-légal. "Nous voulons qu’une contre-autopsie soit pratiquée. Le procureur de Bobigny décidera des suites", ajoute Billel. Les obsèques de mon frère doivent avoir lieu en Tunisie d’où nous sommes originaires. Pour l'instant, nous voulons que son corps reste en France pour que de nouveaux examens soient pratiqués. Aujourd'hui, il nous est impossible de faire le deuil", conclut Billel.

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