Avalanche mortelle aux Deux-Alpes : "Les règles de sécurité ne sont pas à prendre à la légère"

Avalanche mortelle aux Deux-Alpes : "Les règles de sécurité ne sont pas à prendre à la légère"

FAIT DIVERS - Didier Bobillier, directeur général du domaine des Deux-Alpes (Isère) revient sur le tragique accident survenu mercredi après-midi dans sa station qui a fait trois morts dont deux lycéens. Il appelle tous les amateurs de glisse à respecter les consignes de sécurité.

Au lendemain du drame au cours duquel deux adolescents lyonnais et un Ukrainien ont trouvé la mort, quelle ambiance règle dans votre station ?
L'émotion est toujours palpable, tout le monde ici a une pensée pour les familles des victimes. Les skieurs sont très marqués par ce qu'il s'est passé. Mercredi, il faisait très beau, aujourd'hui, il neige beaucoup. Nous espérons qu'après cette tragédie les amateurs de glisse respecteront les consignes de sécurité.

La piste de Bellecombes est-elle toujours fermée ?
Oui. Le procureur de la République de Grenoble Jean-Yves Coquillat a ouvert une enquête. Les militaires du peloton de gendarmerie de haute montagne de l'Isère (PGHM) et les experts sont retournés sur place ce jeudi matin pour procéder à différents relevés et analyses. Il est impossible de dire aujourd'hui quand la piste va rouvrir.

Pouvez-vous nous donner le timing exact de l'accident ?
L'avalanche s'est produite à 15 h 41 exactement. Les premiers skieurs, des lycéens ont donné l'alerte à 15h42 aux personnels qui se trouvaient au poste de la remontée mécanique la plus proche. Les premiers secours étaient sur place quatre minutes plus tard, à 15h46. Très vite, tous nos professionnels se sont mobilisés. Il y a eu un bel élan de solidarité. Il faut vraiment saluer le travail qui a été fait par les moniteurs, les équipes du PGHM et nos équipes de pisteurs secouristes. Au total, une soixantaine de personnes ont travaillé en coordination avec une équipe de chiens de secours, des hélicoptères… Mercredi soir, les recherches se sont poursuivies jusqu'à 22h15. La zone a été sondée, des recherches ont été faites avec des engins de damage. Nous sommes certains qu'il n'y a plus de victimes.

Depuis combien de jours la piste de Bellecombes était-elle fermée ?
La piste noire de Bellecombes n'avait pas été encore ouverte depuis le début de la saison. Hier, elle était toujours fermée.

Le manteau neigeux qui recouvrait la piste datait de quand ?
Des chutes de neige, pas très importantes, ont été enregistrées au cours des nuits précédant le drame. C'est une chose. Après, il y a ce que le vent peut amener sur un secteur. Le manteau neigeux évolue extrêmement rapidement….

Avez-vous des précisions à nous donner sur cet Ukrainien qui fait partie des victimes ?
Je ne connais pas son âge. Nous n'avons pas eu de contact direct avec la famille de cette personne.

Vous n'aviez pas de neige jusqu'à il y a quelques jours. Hier, le risque d'avalanche était de 3 sur 5. Les vacances scolaires approchent. Qu'avez-vous à dire aux usagers ?
Il est indispensable de respecter les consignes des professionnels de la montagne. Quand on fait des choix d'ouverture ou de fermeture de pistes, on les fait en connaissance de cause. Les règles de sécurité ne sont pas à prendre à la légère, surtout quand elles sont données par ceux qui connaissent par cœur le domaine skiable.

Seule une personne, parmi les dix victimes, avait sur elle un appareil de recherche de victimes d'avalanche (Arva), aussi appelé Détecteur de Victimes d'Avalanches (DVA). Pensez-vous que ces appareils devraient être obligatoires ?
Il ne le sont pas aujourd'hui, c'est vrai. Certains skieurs l'achètent. Certains professionnels le louent. C'est mieux d'avoir ce genre d'appareil en poche. Toutefois, quand on évolue sur un domaine skiable qui est sécurisé, il n'est pas du tout utile.

Le préfet de l'Isère Jean-Pierre Bonnetain a déclaré ce jeudi matin que les "premiers témoignages font état d'élèves qui devançaient l'encadrant"…
Je n'ai pas cette information. Le professeur qui se trouvait avec les lycéens est toujours hospitalisé. Polytraumatisé, il n'a toujours pas été entendu. Son témoignage sera très important.

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