Bâtonnier blessé à Melun : "Je suis un miraculé"

Bâtonnier blessé à Melun : "Je suis un miraculé"

TÉMOIGNAGE - Quelques jours après qu'un avocat lui a tiré dessus avant de se suicider, Henrique Vannier, le bâtonnier de Melun, raconte ces minutes interminables.

Henrique Vannier, le bâtonnier de Melun, s'est exprimé pour la première fois au micro de RTL, mercredi, après qu'un avocat lui a tiré dessus jeudi 29 octobre dans son bureau. Il raconte : "J'arrive au Palais de Justice relativement tôt, à 8 heures et ma secrétaire, dans l'embouchure de la porte de mon bureau, me dit : 'Maître Scipilliti a appelé, il veut vous rencontrer aujourd'hui'. Lorsqu'elle m'a dit cela, je lui ai dit : 'S'il vient dans une demi-heure, dans une demi-heure, je suis mort'". Paroles presque prémonitoires.

"Je me suis battu comme un lion"

Il demandera d'abord à sa secrétaire de refuser le rendez-vous, avant de changer d'avis. "Je suis assez altruiste donc je finis par demander à la secrétaire de l'appeler pour connaître le motif du rendez-vous, explique Henrique Vannier. Elle me dit : 'Il souhaite se réinstaller'. Et sur ce motif futile, finalement, je lui dis : 'Pourquoi pas dans une demi-heure ?'"

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Dans les mois qui ont précédé le terrible face-à-face du 29 octobre, les relations entre le bâtonnier et l'avocat sont particulièrement tendues. Henrique Vannier a même reçu des lettres de menace. Mais ne se doutait certainement pas que Scipilliti dégainerait une arme contre lui. Une semaine après les faits, Henrique Vannier décrit la scène : "Il m'a dit : 'Ne bouge plus'. Et lorsqu'il m'a dit 'ne bouge plus', j'ai fait le contraire et j'ai bougé, je me suis battu comme un lion. J'ai pris tout ce que j'avais sous la main pour essayer de le désarmer. Il m'a manqué un quart de seconde et il a tiré".

Un acte prémédité

Joseph Scipilliti tirera à quatre reprises, blessant grièvement Henrique Vannier. Ensuite, l'avocat passe "6, 7, 8 minutes pendant lesquelles il prend des cachets afin de se donner le courage de retourner son arme dans la bouche", tout en menaçant le bâtonnier de l'achever. "Je lui ai demandé de m'épargner le visage, pour que mes enfants de 10 et 7 ans puissent me revoir une dernière fois, raconte Henrique Vannier. Et c'est à partir de ce moment-là que je vois son visage changer. L'humain est revenu. Je lui ai dit : 'Soit tu me laisses le visage, soit tu me laisses la vie', et il m'a laissé la vie."

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Deux minutes plus tard, l'avocat se suicidera. Henrique Vannier détournera le regard pour "ne pas garder cette image" et "ne pas culpabiliser". L'avocat a expliqué son acte par l' "acharnement" du système judiciaire dont il se disait victime. En sortant de la pièce, blessé par balles, Henrique Vannier doit se soumettre à un contrôle "normal" de police. "On croyait que j'étais le forcené et on m'a demandé de me mettre à genoux pendant 5 minutes et de lever des bras que je ne pouvais pas lever, décrit le bâtonnier. Je suis un miraculé. J'ai une bonne étoile, je pense."

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