Bernadette Dimet, jugée pour l'assassinat de son mari : "Il la harcelait, la menaçait, c'était terrible"

Bernadette Dimet, jugée pour l'assassinat de son mari : "Il la harcelait, la menaçait, c'était terrible"

COMPTE RENDU D'AUDIENCE - Aux assises de Grenoble ce jeudi 4 février s’est ouvert le procès de Bernadette Dimet, 59 ans, accusée d’avoir tué son mari violent. A la barre est d’abord venue témoigner l’une de ses soeurs, qui décrit la "semaine de psychose" traversée par la coupable présumée avant le crime.

C’est elle qui a recueilli sa soeur, quand elle a décidé de s’enfuir de la maison. Nathalie Dimet, pompière saisonnière de 44 ans, est à la barre des témoins des assises de Grenoble, ce jeudi 4 février. Elle assiste au procès de sa soeur aînée, Bernadette Dimet, accusée d’avoir tué son époux violent à coups de fusil de chasse, quatre ans plus tôt. Coupe à la garçonne, cheveux noirs et visage aux traits fins, les deux femmes se ressemblent comme deux gouttes d’eau. Toutes deux, en ce jour solennel, portent une même veste de costume, l’une grise, l’autre marron.

Sur sa sœur, Nathalie Dimet a beaucoup à dire. Pourtant, toute petite, elle en a été rapidement séparée. "J’ai grandi avec mon neveu. Ma soeur, je ne la voyais pas beaucoup. C’est plus tard que nous nous sommes rapprochées." Et la témoin d’égrener les morts qui ont émaillé la vie de cette famille - "le décès de notre frère, le décès de maman, puis de papa" - qui rapprochent et soudent progressivement les deux soeurs, "même si" elles "se voyaient toujours seules". En décembre 2011, Nathalie est devenue la confidente privilégiée de Bernadette. Et c’est à cette date, précisément, que la situation pour l’accusée devient intenable.

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"Elle sursautait toujours"

"Après une dispute pendant laquelle son mari a sorti son arme, elle a voulu quitter la maison. Alors, mon frère et moi l’avons un peu hébergée à tour de rôle, et puis je lui ai finalement trouvé un appartement. Elle a emménagé toute seule." A cette époque, Bernadette ne parle pas des bleus qu’elle a au visage, ni de ce pansement qu’elle porte sur un doigt cassé. "Qu’elle se faisait battre, ça, on ne l’a appris qu’après" confie sa soeur à la barre. Mais dans la famille, tout le monde connait Bernard comme un beau-frère violent et caractériel. Et cette semaine de fêtes que Bernadette souhaite passer seule dans une tentative de rompre, sa soeur Nathalie la décrit comme "une semaine de psychose". "Bernard voulait qu’elle rentre à la maison. Il la harcelait, la menaçait. C’était terrible. Elle sursautait toujours parce qu’elle croyait qu’il pouvait être caché derrière n’importe quoi."

Juste avant les fêtes, Bernadette débarque en état de choc chez sa soeur. "Elle ne pouvait plus parler" se souvient Nathalie. "Elle m’a dit qu’à la maison, un des chiens était malade et que Bernard allait l’abattre". "Il faut que je rentre pour le chien", lui dit alors Bernadette. En réalité, les chiens, rare source de bonheur aux yeux de celle qui est à présent assise dans le box des accusés, sont en parfaite santé. "Son mari avait menti pour qu’elle revienne" constate Nathalie. Et voilà donc Bernadette de retour dans la maison familiale. L’enquête a déterminé, depuis, que l’accusée a subi pendant ce laps de temps des épisodes de violences verbales, physiques et sexuelles. Jusqu’au geste fatal. Jusqu’à ce matin du 2 janvier 2012, où Bernadette tue d’un coup de fusil son mari, dans une clairière avoisinante.

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"Je suis sûre qu'il n'est pas mort"

Ce jour-là, c’est aussi Nathalie que sa soeur appelle. Une fois les gendarmes prévenus, la jeune soeur se rend au domicile de Bernadette. Elle la retrouve terrorisée, chez elle. "Il est où ? Comment tu as fait ?" lui demande Nathalie. "Il est dans la clairière, mais n’y va pas, je suis sûre qu’il n’est pas mort. Il a repris le fusil et il va nous tuer!" lui répond son aînée. Pourtant, à 200 mètres de là, Bernard gît dans la boue du pré, les bras en croix, le bonnet un peu retombé devant les yeux.  

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