Condamnés pour avoir escroqué 158 prêtres

Condamnés pour avoir escroqué 158 prêtres

PROCES – Quatre hommes âgés de 46 à 61 ans étaient jugés ce mercredi par le tribunal correctionnel de Paris pour avoir escroqué, tenté d'escroquer ou recelé des biens provenant d'une escroquerie commise à l'encontre de prêtres. 158 hommes d'églises se sont faits avoir entre 2009 et 2012 pour un préjudice environnant les 300 000 euros.

Seule une victime était présente dans la salle ce mercredi. Au total, ils sont pourtant 158 prêtres à avoir fait les frais, entre 2009 et 2012, d'une vaste escroquerie commise par quatre hommes âgés de 46 à 61 ans.

Le tribunal correctionnel les a condamnés ce mercredi à des peines allant de six mois de prison avec sursis à quatre ans de prison ferme pour les faits qui leur étaient reprochés. Jugés pour escroquerie et tentative d'escroquerie, Michel, 59 ans – absent à l'audience pour raisons de santé - et Jacky, 61 ans, ont été condamnés respectivement à quatre ans et deux ans de prison ferme (peine aménageable pour le dernier). Karim, 52 ans, et Denis, 46 ans - lui aussi absent pour raisons de santé - ont eux été condamnés à six mois de prison avec sursis pour recel de bien provenant de l'escroquerie.

Se venger des prêtres

C'est, selon ses déclarations, pour "faire payer aux prêtres" ce qu'il a subi il y a 20 ans que Michel avait mis en place cette vaste escroquerie. "Mon client affirme avoir été agressé sexuellement par des prêtres des Orphelins d'Auteuil. Il y a eu une plainte au pénal pour viols et mon client a écrit à l'évêché de Troyes ainsi qu'au Vatican pour ces faits qui n'ont pas eu de suite car les prêtres mis en cause seraient tous morts", a fait savoir son conseil.

A partir d'avril 2009, Michel s'en était donc pris à plusieurs prêtres "vulnérables" en raison de leur âge qu'il avait choisi dans un annuaire récupéré au Sacré-Cœur. Il appelait ensuite les hommes d'Église en se faisant passer pour d'anciens fidèles et en empruntant de faux noms. Il leur indiquait être dans une situation difficile nécessitant de l'argent. Il disait souvent être sorti de prison et avoir besoin d'argent pour payer son loyer, sa caution, ou autre. Profitant de la charité des ecclésiastiques, il se fait ensuite verser par chèque ou mandat cash des montants allant de quelques centaines à plusieurs milliers d'euros.

Voyant que le stratagème de son ami fonctionnait bien, Jacky qui l'hébergeait chez lui avait pris la relève en 2010 quand son comparse a été incarcéré. Ce mercredi, il a expliqué au tribunal "avoir copié ce qu'il faisait". "J'ai été tenté de faire comme lui. Comme je jouais beaucoup, tout l'argent partait aux jeux". Le prévenu a indiqué avoir ainsi perdu dans sa vie 7 millions d'euros dans cette addiction pour laquelle il est suivi. Ne pouvant encaisser l'argent seul, il avait alors appelé Denis et Karim en renfort. Ces derniers, moyennant une commission, se chargeaient ensuite des mandats cash et des chèques à encaisser.

Des excuses et des regrets

"Je m'excuse pour tout le mal que j'ai occasionné, a dit Karim à la barre ce mercredi. Vous n'entendrez plus parler de moi au niveau de la justice. A l'époque, je touchais le RSA, j'avais besoin d'argent". Jacky, lui, a déclaré "regretter d'avoir fait toutes ces conneries" qui ne lui ont "finalement rien rapporté", les gains repartant dans la foulée dans les jeux selon lui.

Dénonçant un "mode opératoire bien rodé", soulignant la "circonstance aggravante de la vulnérabilité" du fait de l'âge des victimes, la procureur Alexandra Vaillant avait requis 6 mois de prison à l'encontre de Karim et Denis, 4 ans de prison dont un an avec sursis de mise à l'épreuve à l'encontre de Jacky et quatre ans de prison ferme à l'encontre de Michel. Le préjudice total de l'escroquerie, sur un peu moins de quatre ans, a avoisiné les 300 000 euros.

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