Des policiers comptent perturber les départs en vacances dans les aéroports parisiens

Des policiers comptent perturber les départs en vacances dans les aéroports parisiens

GALERE EN VUE – Un mouvement de protestation à l’appel d'un syndicat de policiers risque de fortement troubler les départs en vacances scolaires vendredi. Les policiers grognent contre la suppression d’avantages sociaux. Ils ont prévu de bloquer l’accès aux départs internationaux dans les aéroports franciliens .

Héros après les attentats de janvier, le resteront-ils ce vendredi ? A l’appel du syndicat Unité police SGP-FO (deuxième syndicat), des policiers comptent bloquer à la veille des vacances de février les aéroports franciliens pendant quelques heures. Une première "grève du zèle" avait déjà agacé les usagers vendredi 12 février aux aéroports d’Orly et Roissy. Il fallait alors plus de deux heures pour passer le contrôle de la frontière, contre quelques minutes habituellement.

Qu’est-il prévu ce vendredi ?
Le syndicat SGP-Police compte bloquer à Roissy l’accès aux départs internationaux de la porte 8 au niveau de l’aérogare 2E. A Orly, le syndicat a aussi appelé les policiers à un rassemblement au terminal des départs internationaux. Le mouvement doit se tenir entre 11h et 14h. De son côté, Alliance, premier syndicat de gardiens de la paix, avait demandé à ses adhérents d’être "pointilleux" et "plus que vigilants" partout en Ile-de-France, dans les transports en commun et sur les routes. Cette "grève du zèle" a été levée jeudi matin, annonce le syndicat dans un communiqué.

A quoi faut-il s’attendre, à la veille des vacances ?
Dans les aéroports franciliens, les délais d’accès à la frontière sont plus longs qu’à la normale depuis les attentats du 13 novembre . Ils risquent de l'être encore plus vendredi, voire impossible pendant les trois heures de blocage. Sollicité par metronews, Aéroport de Paris se dit "incapable", pour l'instant, de donner des conseils aux voyageurs, ne sachant quelle "ampleur" ce mouvement pourrait prendre. Et renvoie les usagers vers son site internet pour se tenir informer dans les jours à venir.

Pourquoi les policiers ont entamé ce mouvement ?
Les principaux syndicats de police protestent contre une réforme de deux de leurs avantages sociaux, le droit de mutation prioritaire et l’avantage spécifique d’ancienneté (ASA). Ce dernier, créé en 1995, permet un avancement plus rapide lorsqu’ils travaillent dans des "zones sensibles" ou des "quartiers urbains […] difficiles". Jusqu’à présent, seule l’Ile-de-France était concernée. Mais depuis 2011, des policiers travaillant en province ont déposé des recours pour obtenir cet avantage, ce que leur a accordé le Conseil d’Etat. En décembre dernier, le gouvernement a ouvert l’ASA à plus de 160 circonscriptions de sécurité publique partout en France mais, dans le même temps exclut certaines zones franciliennes, jusqu’ici bénéficiaires, comme les zones aéroportuaires. "15.000 fonctionnaires sortent de l’ASA en Ile-de-France, puisque l’attribution est fonction du rattachement au commissariat", regrette auprès de metronews Philippe Lavenu, secrétaire national d’Alliance en Ile-de-France. Ainsi, des BAC départementales, la police judiciaire rattachée au 36 Quai des Orfèvres, ou encore les policiers du renseignement qui planquent dans des quartiers difficiles et qui dépendent du siège de l’antiterrorisme français à Levallois-Perret n’auraient plus le droit à cet avantage.

 Que répond le ministère ?
De son côté, le ministère de l'Intérieur a indiqué que pour l'instant, l'ASA des gendarmes et des policiers était maintenu. "Tant qu'un nouveau système 'compensatoire'" n'est pas mis en place "dans la concertation [...] personne n'est exclu de l'ASA", a indiqué le ministère après avoir reçu des responsables d'Alliance qui ont donc "pris acte" des déclarations du ministre et levé les blocages. De leur côté, les états-majors d'Unité police SGP-FO n'avaient pas, ce jeudi midi, annulé leurs mouvements dans les aéroports franciliens. 

A LIRE AUSSI 
>>  Les policiers en cortège pour dire leur ras-le-bol >>  Policiers en colère : "On est usés"

Les tags

    Et aussi

    Sur le même sujet

    À suivre

    Rubriques