Des policiers du "36" veulent retarder le déménagement aux Batignolles

Des policiers du "36" veulent retarder le déménagement aux Batignolles

POLICE – Dans une pétition, qu’ils remettront ce jeudi soir à leur directeur, des policiers du "36, Quai des Orfèvres" disent refuser de déménager "dans ces conditions" sur le nouveau site des Batignolles, qui selon eux, n’est pas prêt à les accueillir. Des difficultés prises en compte par leur direction.

Absence de réseau téléphonique, pas de parkings pour les véhicules personnels, ni de cantine, un accès difficile pour les victimes qui devront se frayer un chemin entre les bulldozers du chantier… Des policiers du "36, Quai des Orfèvres" vont déposer une pétition, portée par une intersyndicale, ce jeudi à 18h, sur le bureau de leur directeur, Christian Sainte. Ils affirment refuser de déménager "dans ces conditions" sur le nouveau site des Batignolles, toujours en chantier.


En cause, de nombreuses difficultés. Sur les conditions de travail, d’abord. Les policiers regrettent l’absence de réseau téléphonique dans les locaux. "Sans téléphone portable, les policiers ne peuvent pas travailler. Il faut que l’administration le comprenne", alerte Christophe Rouget, chargé de communication du syndicat des cadres de la sécurité intérieure (SCSI). "Ça va être réglé. Des relais sont en train d’être installés", promet-on à la direction de la police judiciaire.

Des "foodtrucks" ?

Autre source d’inquiétude, aucune cantine sur le site n’est prévue. Les policiers devront se rendre à plusieurs endroits, à une dizaine de minutes de marche. Selon nos informations, la préfecture de police a pris en compte ces difficultés. Des discussions sont en cours pour faire venir des "foodtrucks" et passer des contrats avec des entreprises de restauration afin de livrer des menus chauds.


La difficulté vient du fait que le gigantesque chantier du palais de justice a pris du retard. Les services judiciaires du tribunal de grande instance ont décalé leur emménagement au printemps 2018. Du coup, les policiers s’inquiètent aussi des conséquences de la hausse des transferts de détenus vers le palais de justice pour les présentations au parquet. Pour y faire face, trois cars de police ont été spécialement prévus pour le transfert de ces détenus. Par ailleurs, le service qui gèrera les allers-retours a été renforcé en nombre de fonctionnaires.

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Meilleures conditions de travail

Certains services administratifs ont déjà investi les lieux. Mais dès lundi prochain, les premiers services opérationnels, chargés de la lutte contre la délinquance économique et financière, sont censés prendre position dans leurs nouveaux bureaux. Puis ce sera au tour de la brigade de répression du proxénétisme (BRP) et de la brigade d’exécution des décisions de justice (BEDJ), fin juin. Un va-et-vient dont la durée prévue doit s’échelonner jusqu’à septembre, avec la brigade des stupéfiants et la brigade de répression du banditisme (BRB). 


"Les policiers ne sont pas contre ce déménagement. Les bureaux seront neufs, on travaillera dans de meilleures conditions. Mais tout ce qu’il y a autour n’est pas prêt. Cela vaut-il le coup de se précipiter avant l’été pour déménager ?", s’interroge auprès de LCI un commissaire, chef d'un service de la police judiciaire. 

Le transport, point noir du futur site

D’autant que le volet "transport" s’annonce comme le "point noir" majeur du futur site. La ligne 13 du métro est déjà surchargée, le chantier du prolongement de la ligne 14 a pris du retard et le tramway n’est pas fini. Autant dire que l’arrivée de centaines de policiers dans le nord du XVIIe arrondissement de Paris ne risque pas de fluidifier la circulation et les allées et venues.


"Il est vrai que ce n’est pas optimal. Mais, il va falloir prendre son mal en patience. Car les travaux dans ce quartier risquent de durer encore plusieurs mois", relativise une source préfectorale. Après avoir été reçue par le directeur de la PJ parisienne, ce soir, l’intersyndicale devrait demander une audience cette fois-ci chez le préfet de police.

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