Devant la juge, Dude Hoxha confirme qu’un Belge voulait "faire exploser le Bataclan" en 2009

Devant la juge, Dude Hoxha confirme qu’un Belge voulait "faire exploser le Bataclan" en 2009

INFO METRONEWS - Interrogée lundi et mardi, cette française mise en examen dans le cadre de l’enquête sur l’attentat du Caire a confirmé à la juge d’instruction en charge de ce dossier qu’un djihadiste belge avait projeté en 2009 de commettre un massacre au Bataclan. Les familles de victimes sont persuadées que l’attaque aurait pu être évitée.

Elle est l’unique mise en examen dans le dossier de l’attentat du Caire en 2009. Dude Hoxha, soupçonnée d’avoir aidé financièrement les commanditaires de l’attentat qui a visé un groupe de lycéens de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) en voyage en Egypte, a été entendue lundi et mardi par Laurence Le Vert, la juge d’instruction en charge de l’enquête. C’est la première fois qu’elle était interrogée depuis les attentats du 13 novembre 2015. Cette Française, d’origine albanaise, avait mis la puce à l’oreille des policiers dès 2010 en écrivant dans son journal intime qu’un Belge avait comme projet de commettre un attentat au Bataclan. Selon nos informations, elle a confirmé son récit devant la magistrate.

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Deux journées d’interrogatoires qui n’ont pas bousculé foncièrement le dossier. Mais qui ont eu le mérite d’appuyer ce que la famille de Cécile Vannier, décédée pendant l’attaque du Caire, crie haut et fort depuis plusieurs mois. Dès 2010, les policiers savaient qu’un Belge, Farouk Ben Abbes, aujourd’hui assigné à résidence dans le cadre de l’état d’urgence, avait comme projet de commettre un attentat au Bataclan. L’origine du tuyau ? Le journal intime de Dude Hoxha, unique mise en examen dans l’enquête sur l’attentat du Caire. Arrêtée quelques semaines après l’attaque, elle écrivait alors dans son carnet qu'elle avait eu écho que ce Belge avait "pour projet de faire exploser le Bataclan, à Paris". Un document que les policiers français ont eu entre les mains lorsque Dude Hoxha a été transférée vers la France quelques mois plus tard.

Entre le Caire et le Bataclan, la galaxie franco-belge des terroristes

Une enquête est alors ouverte et Farouk Ben Abbes est mis en examen pour ce projet d’attentat, avant de bénéficier d’un non-lieu. Ce qui fait aujourd’hui dire aux proches des victimes du Caire et du Bataclan que l’attaque contre la salle de spectacle aurait pu être évitée. D’autant que ce Belge, connu pour ses positions radicales, est un intime du prédicateur Fabien Clain, le même qui a revendiqué les massacres du 13 novembre. Autre lien direct entre le Caire et le Bataclan : la fratrie Dahmani. L’aîné, Mohamed, a été entendu dans l’enquête sur l’attentat qui a tué Cécile Vannier en 2009. Son petit frère, Ahmed, a lui été contrôlé le 4 août 2015 en compagnie de Salah Abdeslam dans un bateau entre la Grèce et l’Italie. Il a ensuite été interpellé en Turquie, quatre jours après les attaques du 13 novembre, alors qu’il projetait de rejoindre les rangs de Daech.

Les questions du magistrat instructeur en début de semaine ont été "très précises", nous souffle une source proche de l’enquête. L’avocat de Dude Hoxha, Me Pascal Garbarini, assure auprès de metronews que sa cliente a "répondu à toutes ses questions", qu’elle "n’a pas exercé son droit au silence" et qu'elle a "confirmé son récit". La Française, qui a révélé, à son insu, le projet d’attentat au Bataclan, n’a en revanche pas répondu sur les liens entre les différents protagonistes qui pourraient intéresser la justice depuis que l’enquête du Caire a été versée à la procédure sur les attentats du 13 novembre. "Elle ne les connaît tout simplement pas", tranche Me Garbarini.

Selon nos informations, la juge d’instruction a prévu d’entendre à nouveau d'ici à trois mois la française, qui condamne par ailleurs le projet d'attentat au Bataclan. Laurence Le Vert devrait, en outre, rapidement recevoir les parties civiles pour une réunion d’information. Alors que les policiers savaient que le Bataclan était une cible des djihadistes, aucune disposition spécifique n’avait pour autant été prise pour sécuriser la salle de spectacles.

EN SAVOIR + 

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