Drame de Melun - Miraculé, le bâtonnier raconte : "Je me suis battu comme un lion"

Drame de Melun - Miraculé, le bâtonnier raconte : "Je me suis battu comme un lion"

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TEMOIGNAGE - Grièvement blessé jeudi par un avocat qui s'est ensuite suicidé, le bâtonnier de Melun a raconté mercredi qu'il se savait en danger, et comment il a supplié son agresseur de lui laisser le visage intact "pour ses enfants".

"J'ai une bonne étoile je pense". C'est avec ces mots que le bâtonnier de Melun est revenu depuis son lit d'hôpital sur le drame dont il a été victime la semaine dernière en plein tribunal. Jeudi dernier, Henrique Vannier, 43 ans, a été pris pour cible par Joseph Scipilliti, un avocat qui s'est ensuite suicidé en retournant son arme contre lui. Un temps donné pour mort dans les médias, le bâtonnier a lui finalement survécu. "Je vais bien, j'ai huit orifices, mais aucune balle n'est restée dans le corps. Depuis hier, je suis debout, je suis en forme, j'ai le moral", explique au micro de RTL l'homme qui a plus de 120 points de suture. 

"Je lui ai demandé de m'épargner le visage pour mes enfants"

Le matin du drame, sa secrétaire lui annonce que Me Scipilliti veut le voir. "S'il vient dans une demi-heure, dans une demi-heure je suis mort", répond alors le bâtonnier, déjà visé par des lettres de menaces de cet avocat en proie à des poursuites disciplinaires pour manquements déontologiques. Mais pris de remords, il consent à le recevoir : "Lorsque j'ai voulu m'asseoir, il pointait une arme sur moi et il m'a dit : 'Ne bouge plus'. Et lorsqu'il m'a dit 'ne bouge plus', j'ai fait le contraire et j'ai bougé, je me suis battu comme un lion. J'ai pris tout ce que j'avais sous la main pour essayer de le désarmer", raconte l'avocat, père de deux garçons.

Joseph Scipilliti lui tire dessus à "quatre reprises". Grièvement blessé, le bâtonnier trouve quand même la force de lui parler : "Je lui ai demandé de m'épargner le visage, pour que mes enfants de 7 et 10 ans puissent me revoir une dernière fois. Et c'est à partir de ce moment-là que je vois son visage changer, j'ai dû le toucher, l'humain est revenu." Sept à huit minutes vont alors s'écouler "pendant lesquelles il (Me Scipilliti) prend des cachets afin de se donner le courage de retourner son arme dans la bouche", poursuit-il très ému. L'avocat de 63 ans finit par se donner la mort en laissant la vie sauve au bâtonnier . Ce dernier explique comment, après ces longues minutes de calvaire, il a été pris par erreur pour le tireur par les forces de l'ordre. "On croyait que j'étais le forcené et on m'a demandé de me mettre à genoux pendant 5 minutes et de lever des bras que je ne pouvais pas lever, conclut-il dans un sourire. Je suis un miraculé".

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