Du sang de poulet et des séances sadomasochistes pour guérir du cancer

Du sang de poulet et des séances sadomasochistes pour guérir du cancer

JUSTICE - L’ancien gérant de deux clubs échangistes de Gironde va comparaître, ce mardi 26 avril, devant le tribunal correctionnel de Libourne pour "agressions sexuelles", "abus de faiblesse" et "exercice illégal de la médecine". Trois femmes ont porté plainte contre cet homme qui assurait notamment pouvoir guérir des cancers à coups de relations sexuelles sadomasochistes et de sang de poulet.

Un ancien patron de clubs échangistes est-il parvenu à devenir un véritable gourou, capable de faire croire à des femmes qu’elles pouvaient être guéries avec des séances sexuelles et du sang de poulet ? A compter de ce mardi 26 avril, le tribunal correctionnel de Libourne va tenter de comprendre comment Philippe Lamy aurait pu réussir à mettre en place une véritable emprise mentale sur plusieurs personnes de son entourage, leur faisant croire l’impensable.

Les faits qui sont reprochés à celui qui se surnommait "Maître Ilaria" sont lourds : l’homme est jugé pour "agressions sexuelles", "abus de faiblesse" et "exercice illégal de la médecine". D’autant que l’accusé n’en est pas son coup d’essai : à la fin des années 2000, il avait déjà été condamné à dix-huit mois de prison (dont quatre avec sursis) pour avoir déjà vendu des gélules "magnétisés", censées "guérir" des maux de dos et des cancers.

Un "cas flagrant d'emprise mentale"

Dans le cadre de cette nouvelle affaire, Philippe Lamy est accusé d'avoir abusé de plusieurs femmes, en faisant notamment croire à l'une d'entre elles, atteinte d'un cancer, qu'elle pouvait guérir en interrompant son traitement traditionnel. Pour y pallier, l'homme avait ses méthodes : des séances sexuelles, qui basculaient souvent dans des pratiques sadomasochistes. Des pilules "magiques", qui étaient en réalité des compléments alimentaires et des conseils absurdes en tout genre, comme mettre "huit morceaux de sucre dans son infusion". A plusieurs reprises, l'homme aurait également fait jaillir du sang de poulet de ses mains, et leur aurait assuré être en contact avec leurs proches décédés. Il les aurait également privées de sommeil et soumises à un régime alimentaire strict de sorte à, selon l'accusation, les "affaiblir pour mieux exercer son emprise".

Des accusations que Philippe Lamy, ancien patron de deux clubs libertins de Gironde, "la Villa Panthère", a toujours réfutées, n'hésitant pas à parler d'un "complot" de la part de ces femmes "qui étaient toutes tombées amoureuses de lui". Face aux enquêteurs, l'homme, à l'apparence mystique, détonne par son attitude méprisante et dédaigneuse. Il l'assure : il a un "don", mais depuis sa précédente condamnation, il ne l'exerce plus. Une défense qui ne convainc guère l'avocat des parties civiles, Me Daniel Picotin, spécialiste des dérives sectaires. Il en est persuadé : cette affaire relève d’un "cas flagrant d’emprise mentale".

Plus d'articles

En ce moment

Rubriques