"L'Alerte enlèvement", un dispositif autrefois controversé qui a fait ses preuves

ZOOM - Appliqué pour la 19e fois après l'enlèvement de la petite Djenah, mardi 18 octobre, le dispositif "Alerte enlèvement" n'a jusque-là connu que des succès. Mais d'où vient cette mesure et qui s'en trouve à l'origine ?

"Si vous localisez l'enfant, n'intervenez pas vous-même, appelez immédiatement le 0800 36 32 68 ou envoyez un courriel à alerte-enlevement@gendarmerie.interieur.gouv.fr". Le message, accompagné d'une musique angoissante, est désormais bien connu, avec le losange rouge indiquant une "disparition inquiétante d’une personne mineure". Il est encore apparu sur nos téléviseurs mardi 18 août, après que la petite Djenah, quatre mois, a fait l'objet d'un enlèvement par son père, venu la kidnapper alors que la petite était réfugiéeavec sa mère dans un foyer pour femmes battues. Mais d’où vient ce dispositif et comment fonctionne-t-il précisément ?

Il s’agit, à l’origine, rappelle un article du Monde de 2002 qui décrit le dispositif naissant en France, d’un système mis en place aux Etats-Unis en 1996, intitulé "Amber Alert". A l’époque, il avait déjà permis de retrouver 33 enfants durant ces premières années.


Au début, un "dangereux mélange des genres"

De ce côté de l’Atlantique, la radio Skyrock veut alors le mettre en place. Pierre Bellanger, son PDG, défend son idée, en indiquant que les alertes enlèvement seront bien "séparées des programmes, avec un habillage spécial". Pour cela, elle annonce qu’elle diffusera à l’antenne des appels à témoins et préviendra par mail ses quelques 260.000 membres.


Les associations de protection de l’enfance, telles qu'Aides aux parents d'enfants victimes, accueillent favorablement l’idée. Mais l’article du Monde la décrit comme "controversée". Le Syndicat de la magistrature se dit en effet "partagé". Le secrétaire national de la Fédération des syndicats généraux de la police-FO craint que le preneur d’otages, se sentant menacé, ne tue sa victime. Michel Diard, secrétaire général du Syndicat national des journalistes-CGT, dénonce quant à lui un "dangereux mélange des genres", "crapoteux et intéressé". On mesure depuis le chemin parcouru, la mesure semblant désormais bien admise.

La rapidité, clé de la réussite

Une convention est finalement signée en février 2006 entre le ministère de la Justice et différents médias. Le dispositif a été déclenché 19 fois depuis cette date. Les victimes ont toutes été retrouvées saines et sauves, généralement dans les 24 heures. Comme dans le cas du petit Nathaël, neuf ans, retrouvé quelques heures après le déclenchement de l’alerte.


L’efficacité du dispositif repose sur la rapidité. En effet, selon une étude réalisée aux Etats-Unis en 1993 sur 621 enlèvements d'enfants débouchant sur un homicide, 44% des enfants ont été tués dans la première heure, 74% dans les trois heures et 91% dans les 24 heures suivants l'enlèvement.

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