Essai clinique mortel : la famille de la victime porte plainte contre X

Essai clinique mortel : la famille de la victime porte plainte contre X

SANTÉ PUBLIQUE - Pour la famille de Guillaume Molinet le 17 janvier dernier, décédé suite à un essai de médicaments, le laboratoire Biotrial est fautif. La famille a décidé de déposer plainte pour obtenir justice.

Le laboratoire Biotrial a-t-il mené un essai thérapeutique qu'il savait dangereux pour ses patients ? C'est en tout cas ce qu'estime la famille du jeune homme tué à la suite de sa participation aux tests. Guillaume Molinet, 49 ans, est décédé le 17 janvier dernier, tandis que cinq autres patients étaient hospitalisés pour des troubles neurologiques. Sa famille a décidé de porter plainte contre X pour obtenir des réponses aux nombreuses questions qui entourent encore le décès de ce père de quatre enfants.

Des chiens-cobayes tués pendant l'essai

Il y a quelques jours, l'enquête avait permis d'établir que plusieurs chiens, sur lesquels la molécule mise en cause avait été testée, étaient morts pendant les essais cliniques. Une information qui pousse la famille Molinet à penser que les tests n'auraient jamais du être effectués sur des humains. D'autant que, selon son frère Laurent, qui s'est confié au Parisien, Guillaume était en parfaite santé. "Il faisait très très attention à son alimentation et il s'était remis au sport. Une parfaite condition physique. A priori il n'était pas un sujet à risque."

EN SAVOIR + >> Essai clinique : des chiens sont morts durant les tests

Alors que s'est-il passé pendant cet essaie clinique ? La molécule, déjà mise en cause par plusieurs éléments de l'enquête, a-t-elle été administrée malgré les risques ? Pour l'avocat de la famille Molinet, Me Jean-Christophe Coubris, les failles de sécurité qui entourent l'essai sont nombreuses. Au micro de France Info , l'avocat a pointé qu'"aucune anomalie n'a été signalée" par le laboratoire aux patients avant les tests, notamment la mort des chiens et des six singes à qui avait été inoculée la molécule.

La victime présentait des symptômes inquiétants

Dans sa conférence de presse en forme de réquisitoire contre le laboratoire, Me Coubris pointe aussi les défaillances de la surveillance des patients de l'essai. Selon lui, Guillaume Molinet présentait, dès le lendemain du test, des problèmes de vue, d'élocution et de motricité. Sans que cela incite le personnel à se pencher sur son cas. "On le voit déambuler et c'est l'un des volontaires qui va chercher un interne" résume l'avocat.

Selon l'avocat, ce n'est que cinq heures plus tard, et après lui avoir administré "un gramme de paracétamol", que le Smur est appelé pour transporter le patient aux urgences. Les médecins constatent alors que Guillaume Molinet n'est pas dans son état normal. Ce qui pousse l'avocat de la famille à s'interroger : "Pourquoi Biotrial a autant tardé ?" Guillaume Molinet, touché par un œdème foudroyant, tombera peu après dans un coma irréversible qui mènera à son décès quelques jours plus tard. Jusqu'à maintenant, Biotrial a toujours nié toute responsabilité dans la mort du père de famille.

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