Faut-il ou non porter la kippa ? Le débat s’installe après l’agression de Marseille

Faut-il ou non porter la kippa ? Le débat s’installe après l’agression de Marseille

DEBAT - Le grand rabbin de France Haïm Korsia, a appelé "l'ensemble des supporteurs de l'Olympique de Marseille à revêtir mercredi 20 janvier un couvre-chef", en signe de solidarité pour le match qui opposera l'équipe phocéenne à Montpellier au stade Vélodrome. Le président du consistoire israélite de Marseille "incite" lui les juifs à "éviter de porter la kippa".

Faut-il ou non continuer à porter la kippa ? Faut-il l’arborer fièrement, ou plutôt la cacher ? Le débat s’installe après l’agression antisémite contre un enseignant au nom du groupe État islamique, lundi à Marseille. Mardi, en début de soirée, le grand rabbin de France Haïm Korsia, a appelé "l'ensemble des supporteurs de l'Olympique de Marseille à revêtir mercredi 20 janvier un couvre-chef". Ce geste, en signe de solidarité, pour le match qui opposera l'équipe phocéenne à Montpellier au stade Vélodrome, en 16e de finale de la Coupe de France de football.

Plus tôt dans la journée, le grand rabbin de France s’était prononcé contre la recommandation faite aux juifs de Marseille d’enlever leur kippa. L ’initiative était venue du président du consistoire israélite de Marseille, Zvi Ammar , qui a "incité" ses coreligionnaires à "enlever la kippa dans cette période trouble, jusqu'à des jours meilleurs". Cette décision lui a fait "mal au ventre", mais est selon lui justifiée : "Il faut prendre des décisions exceptionnelles, et, pour moi, la vie est plus sacrée que tout autre critère", a-t-il justifié auprès de l'AFP. "On est obligé de se cacher un petit peu".

"Un cri d'émotion compréhensible"

Un appel similaire à ôter la kippa avait déjà été lancé par l'enseignant victime de l'agression, via son épouse. "Aujourd'hui, il a mis sa casquette, et il encourage la communauté à faire comme lui", avait-elle dit. Pour Haïm Korsia, ces propos sont "un cri d'émotion compréhensible", mais "nous ne devons céder à rien, nous continuerons à porter la kippa".

De son côté, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Roger Cukierman, a jugé qu'il ne s'agissait "certainement pas (d'une) bonne idée". "Cela traduit une attitude défaitiste, de renoncement". Signe que la question divise, la présidente du Crif Marseille-Provence, Michèle Teboul, a estimé qu'il fallait "vivre normalement", mais qu'elle ne pouvait que se "plier" à cette décision "si c'est pour assurer la sécurité des juifs".

La garde des Sceaux, Christiane Taubira, a martelé que, "comme tout citoyen français, les juifs de France doivent se sentir en sécurité" et doivent "bien entendu" pouvoir porter la kippa dans la rue. "Nous devons réaffirmer, nous devons garantir au quotidien, partout sur le territoire, la liberté de chaque citoyen, sa liberté, y compris de vivre sa croyance. C'est ça une République laïque", a ajouté la ministre de la Justice, à sa sortie d'une réunion à Matignon.

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