"On m'a volé ma vie": un instituteur soupçonné de viol sur une fillette espère être innocenté

"On m'a volé ma vie": un instituteur soupçonné de viol sur une fillette espère être innocenté

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JUSTICE - En 2016, un instituteur en école maternelle à Genlis (Côte-d'Or) était accusé de viol sur l'une de ses élèves, âgée de 4 ans. Il pourrait être finalement placé sous le statut de simple témoin dans cette affaire puisque l'ADN d'un proche de la fillette a été retrouvé sur ses sous-vêtements. Devant la cour d'appel de Dijon, ce jeudi, il a réclamé la levée de sa mise examen.

Il n'a jamais cessé de clamer son innocence. Si le parquet général de Dijon doit se prononcer en faveur du placement sous le statut de simple témoin d'Eric P., professeur des écoles, ce dernier a réclamé, ce jeudi, la levée de sa mise en examen en novembre 2016 pour le viol d'une de ses élèves de quatre ans à Genlis (Côte-d'Or).


Et pour cause, des éléments discordants sont apparus au fil de l'enquête. Le jour des faits, survenus en novembre 2016, l'enseignant n'est pas seul. Il dirige la classe avec une collègue qui indique aux gendarmes que ce dernier "ne s'est retrouvé seul avec les enfants que pendant cinq minutes et encore, entre la salle de classe et la cour de récréation". "Je ne vois pas de créneau propice à ce genre d'acte", précise pour sa part la directrice de l'établissement scolaire.

On a la preuve scientifique de l'innocence de mon clientL'avocat de l'instituteur

L'information rapportée par nos confrères du Parisien révèle que l'enquête connaît à la fin du mois de mars un important revirement de situation. L'expert qui a examiné la culotte de la petite fille relève une tache de sperme sur le devant du sous-vêtement. L'analyse ADN effectuée, il apparaît que ce n'est pas celui de l'enseignant âgé de 43 ans mais d'un proche de l'enfant [ndlr, qui pourrait être a nouveau entendu et placé en garde à vue]. Pour Éric P., c'est "l’élément final qui peut achever de montrer mon innocence", affirme-t-il ce vendredi au micro de RTL.  Il pourrait s'agir de "quelqu’un de la famille, quelqu’un qui est actuellement toujours auprès de l’enfant. Cette personne est également celle qui a porté plainte contre moi. C’est-à-dire qu'il y a quelqu’un qui commet un crime et qui dit 'c’est lui qui l’a fait'".

Un possible conflit d'intérêt ?

C'est une piste pointée par l'instituteur : un possible confit d'intérêt. Et pour cause, d'après nos confrères de RTL, la mère de la fillette est gendarme, et ce sont ses collègues qui ont enquêté sur l'affaire. 

En marge des réquisitions du parquet général favorables à la levée de sa mise en examen, l'homme s'était déjà exprimé au micro de France 3 :  " On m'a volé ma vie [...] On survit avec ma famille [...] Je sais que je ne pourrais jamais retrouver la vie comme je l'ai eu auparavant", a-t-il conclu.

Quand elle a été entendue par les enquêteurs, la petite fille, scolarisée en école maternelle a dit que "le maître" lui aurait "gratté son kiki". L'enseignant, qui est père de quatre enfants, sans antécédent judiciaire et très bien noté lors de son inspection à l'école, avait immédiatement été placé en garde à vue et mis en examen pour viol et atteinte sexuelle sur mineur de 15 ans par personne ayant autorité. Il avait ensuite été placé en détention provisoire et suspendu de l'Education nationale. La cour rendra sa décision dans un mois.

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