Gravelines : ils revendaient aux restaurants du bar pêché près de la centrale nucléaire

Gravelines : ils revendaient aux restaurants du bar pêché près de la centrale nucléaire

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TRAFIC - Cinq personnes ont été mises en examen à Dunkerque pour avoir vendu à des restaurants, au noir et sans contrôle sanitaire, des bars pêchés près de la centrale nucléaire de Gravelines.

Le système mis en place par ces pêcheurs était bien rodé. Grâce à l'eau chaude rejetée par le système de refroidissement de la centrale nucléaire de Gravelines, dans le Nord, les bars y sont nombreux, la nourriture étant plus abondante à cet endroit. Ce qui attire les férus de pêche. Mais dix pêcheurs avaient organisé un trafic très lucratif depuis sept ans. Cinq d’entre eux ont été mis en examen jeudi à Dunkerque, pour travail dissimulé. Soupçonnés de trafic, ils avaient été arrêtés mardi et placés en garde à vue. Ils pêchaient à la ligne des bars en grande quantité, pour les revendre, sans déclaration, à des restaurants du Nord, du Pas-de-Calais et de Picardie.

Ils pêchaient jour et nuit

"C’est un Dunkerquois de 45 ans, sans profession, qui a monté progressivement un réseau et recruté une dizaine de pêcheurs qui alimentaient le circuit à des degrés divers", explique vendredi Eric Fouard, procureur de Dunkerque, au Parisien. Selon la réglementation, un pêcheur amateur est autorisé à prélever trois bars par jour d’une taille minimale de 42 cm. L’équipe, elle, se relayait jour et nuit pour sortir un maximum de poissons sans considération de taille. Selon les premiers aveux du chef de réseau, 400 kg de bar étaient écoulés chaque mois chez des restaurateurs.

Les mis en cause ont avoué revendre le bar une vingtaine d’euros le kilo. Mais les enquêteurs soupçonnent un trafic beaucoup plus important. Parmi les clients des pêcheurs, un chef étoilé de l’Oise dont le nom n’a pas été communiqué. L’enquête se poursuit notamment vers les restaurants belges. Les pêcheurs trafiquants risquent jusqu’à cinq ans de prison. Remis en liberté, le chef du réseau a été placé sous contrôle judiciaire.
 

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