Homme abattu devant le commissariat du 18e : après les tirs, la rumeur

Homme abattu devant le commissariat du 18e : après les tirs, la rumeur

REPORTAGE - Dans le quartier de la Goutte d'or, bouclé après qu’un homme a été abattu devant le commissariat, les habitants confinés témoignent de ce qu'ils ont vu... et entendu.

Armé d’un hachoir, il aurait crié "Allah Akbar". Un homme a été abattu par la police jeudi, en pleine commémoration des attentats de janvier 2015, alors qu’il tentait de pénétrer dans le commissariat de la rue de la Goutte-d’or, dans le 18e arrondissement de Paris. L’ensemble des accès à cette rue emblématique de ce quartier populaire du nord de Paris a aussitôt été bloqué par un important dispositif policier.

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"Il a levé les bras et ils ont tiré trois coups de feu"

Au plus près du commissariat, la foule se masse au carrefour des rues de Chartres, de la Charbonnière et Boris Vian. C’est aussi l'un des points de rendez-vous des journalistes du monde entier qui convergent vers le quartier. Une jeune femme a été témoin direct des faits. Elle a vu l’assaillant se faire abattre par les forces de l’ordre. Elle est encore sous le choc : "Je me dirigeais vers lui, sur le même trottoir, à deux voitures de distance. (Les policiers) lui dit ont dit de reculer parce qu’il y a des barrières sur tout le trottoir. Même nous, en tant que riverains, on ne peut pas marcher (à ce niveau) sur ce trottoir-là", explique-t-elle, entourée d’une nuée de micros.

"Il a remarché vers eux et puis il a levé les bras et ils ont tiré trois coups de feu sur lui", poursuit-elle. Elle n’a pas entendu l’homme crier "Allah Akbar". Elle n’a pas vu son arme non plus. "Tout ce qu’il a fait c’est lever les mains et s’avancer vers eux. Après, tous les policiers sont sortis en criant : 'Il est armé, il est armé’. Je n’ai rien entendu du tout, parce que les policiers criaient forts", raconte la jeune femme. Selon elle, un passant a été blessé au pied par les tirs des fonctionnaires. Une information qui reste pour l’heure non confirmée.

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Clopes à la sauvette et business de photos amateurs

Les jeunes "vidéastes amateurs" du quartier ont, quant à eux, senti le bon filon. Les images de journalistes britanniques sortant de grosses enveloppes de billets pour obtenir la copie d’une vidéo du siège de "l’appartement conspiratif" de Saint-Denis, le 18 novembre dernier, ont fait des émules. Un jeune homme du quartier m’accoste. Il m’explique que son cousin habite juste à côté du commissariat. Sur son téléphone, il me montre une photo du corps de l’assaillant. L’homme est allongé au sol, les bras en croix. Il porte des baskets blanches, un jean délavé bleu clair et une large parka de couleur sombre. Au second plan, un policier s’approche avec un voile de plastique. En revanche, pas question de récupérer la photo : mon interlocuteur m’assure être déjà en contact avec un journaliste d’un média français. "Il arrive, là. Si je la vends, je pars direct en vacances", me lâche-t-il en s’éloignant dans un grand éclat de rire.

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D’autres y vont de leur théorie et rapportent les rumeurs qui bruisseraient dans les cafés du coin. "Les gens se connaissent tous ici, ils disent que c’est un toxico qui vend de la cigarette". Le quartier de Barbès, qui englobe la Goutte-d’or, est en effet connu pour ses vendeurs de cigarettes à la sauvette. "Apparemment, c’est quelqu’un qui allait régulièrement au commissariat et qui était déprimé de s’être fait saisir ses cigarettes ce matin". Vraie piste ou hypothèse farfelue ? Sollicité, le parquet de Paris répond que l’homme n’a pas été encore identifié… mais qu’il ne s’agit en tout cas pas de Salah Abdeslam, qui lui aussi faisait l’objet de rumeurs. Seule certitude jeudi : l’homme portait sur lui une feuille présentant un message de revendication et le drapeau de Daech.

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