Identification des victimes : pourquoi l'attente est-elle aussi longue ?

Identification des victimes : pourquoi l'attente est-elle aussi longue ?

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ENQUÊTE - Toutes les familles ne sont pas encore fixées sur le sort de leurs proches présents aux alentours du Bataclan et des bars de l’est parisien, lors des attentats meurtriers de vendredi soir. Comment expliquer cette attente insoutenable ?

Sur les réseaux sociaux, chacun peut assister, impuissant, à la mutation progressive des avis de recherche en avis de décès. Mais trois jours après les attentats meurtriers de l’est parisien, des familles connaissent encore une attente insoutenable, se demandant si leur fils, leur compagne, est vivant ou mort. Ils errent entre les différents hôpitaux de la capitale, redoutant une convocation à l’institut médico-légal. Si 103 victimes sur les 129 dénombrées ont d’ores et déjà été identifiées, comment expliquer que la trace des 26 autres restants ne soit pas encore retrouvée ?

 Des victimes dispersées 
Contacté par metronews, François Braun, président de Samu-urgences de France, confirme que les blessés très graves ont été pris en charge "essentiellement dans cinq hôpitaux parisiens". "C’est beaucoup, ajoute-t-il en précisant "qu’à la Pitié-Salpêtrière par exemple, une dizaine de blocs opératoires ont été ouverts immédiatement."

Des papiers oubliés
Dans la panique, la plupart des spectateurs du Bataclan ainsi que les personnes attablées en terrasse des bars-restaurants des 10 et 11eme arrondissements ont laissé sacs et téléphones portables derrière eux. Dès lors, ce sont plusieurs dizaines de victimes qui se sont retrouvées dans l’impossibilité de rassurer leurs proches rapidement.

De son côté, François Braun précise "qu’avec un tel afflux de victimes, les urgentistes du Samu n’ont pas pris le temps de récupérer les papiers pour procéder à l’identification". "Sur les lieux, nos équipes ont fait face à des personnes en situation d’urgence absolue. La priorité, c’était les soins immédiats."

Des corps laissés sur place
Jusque dimanche matin, plusieurs morts ont été laissés sur les lieux des attentats, au Bataclan mais aussi sur les terrasses de la Belle Equipe, rue de Charonne. L’explication ? C’est François Braun qui nous la donne : "Sur une scène de crime comme celle-là, la levée des corps est extrêmement dangereuse, car les dépouilles peuvent être piégées." Les scènes de carnage ont ainsi dû être sécurisées, avant d’être évacuées complètement. Tous les blessés sont ce lundi pris en charge par les médecins.

Du jamais-vu
"Les équipes de police chargées d’identifier les corps ont conscience de l’attente des familles", a assuré dimanche la garde des Sceaux Christiane Taubira, ajoutant pour mettre des mots sur une situation de confusion qui s’éternise: "Ils font face à une situation inédite". Toujours selon le président de Samu-urgences de France, qui souligne quant à lui la "gestion remarquable" des événements par ses troupes, les urgentistes prenaient pourtant par à "un exercice d’intervention en cas d’attentats multi-sites", le matin même de la tuerie.

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