Interpellation musclée à Chanteloup-les-Vignes : la version des policiers mise à mal par des vidéos

Interpellation musclée à Chanteloup-les-Vignes : la version des policiers mise à mal par des vidéos

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POLICE - Une nouvelle vidéo publiée par le Monde ainsi que des éléments du PV d'interpellation relancent la polémique sur l'arrestation musclée d'un homme à Chanteloup-les-Vignes le 16 octobre dernier.

Une première vidéo montrait des policiers frapper un individu menotté dans le dos avant de le traîner au sol, puis tirer au flashball en direction d'un autre. Une scène filmée par une habitante qui se serait déroulée à Chanteloup-les-Vignes (Yvelines) le 16 octobre dernier au cours d'une interpellation et qui a entraîné la saisie de la "police des polices" la semaine dernière.

Le journal  Le Monde s'est procuré ce mardi un nouvel enregistrement de cette soirée ainsi que le PV d’interpellation signé par les fonctionnaires de la Brigade anti-criminalité (BAC) présents. Selon eux, l'individu arrêté, soupçonné de trafic de drogue, se serait débattu "ameutant les badauds en vociférant 'venez m’aider, venez m’aider'". Un coup de pied aurait atteint le policier "à la cheville" et le suspect aurait asséné alors "deux coups de poing à hauteur du visage du gardien de la paix", qui aurait riposté. Menotté, il aurait quand même blessé un deuxième policier lorsqu’ils auraient tenté de l’introduire dans la voiture de police. Or sur les images, l'individu ne "vocifère" pas, il est K.-O, explique Le Monde. Et le coup de poing du gardien de la paix est porté alors que le suspect ne répond à aucune violence.

Pas d'attroupement

Quant au tir de Flash-Ball, qui aurait visé un attroupement "hostile" d'une dizaine d'individus situés "hors champ", il pose question. Dans la seconde vidéo que s'est procurée le journal, prise quelques secondes après la première, on peut voir le fameux "hors-champ" : pas d'attroupement, la rue est vide, et les policiers quittent les lieux calmement pour se rendre juste de l’autre côté de l’immeuble, où ils ont tranquillement perquisitionné le domicile du suspect. Enfin, un témoin interrogé par Le Monde explique la violence de la scène : "L'un des policiers le bloquait avec son genou. Et puis quand ils l'ont fait basculer sur le ventre, un autre lui a donné un coup de pied au visage. C'était très violent, il ne bougeait plus, j'ai cru qu'il était mort."

Dans la police locale, cette polémique agace. "Ce sont des collègues qui dérangent parce qu’ils font leur boulot. Ils mettent des coups de pied dans la fourmilière",  a estimé Maryline Béreaud, secrétaire départementale du syndicat Alliance-Police nationale interrogée par Le Monde. "Quand allons-nous arrêter d’interpréter les vidéos qui ne reprennent pas l’intégralité d’une intervention ?, a abondé Cyril Thiboust, pour Unité-SGP-Police. L'avocat de l'homme arrêté sur la vidéo, Me Jean-David Scemama, avait de son côté déposé plainte "pour violences volontaires aggravées, non-assistance à personne en danger et faux en écriture publique visant les six fonctionnaires signataires du procès-verbal d'interpellation". Son client, qui "conteste" le trafic de drogue, a subi "des violences physiques d'une extrême gravité", "coup au visage une fois menotté, jeté et traîné au sol inconscient", alors qu'il "n'opposait aucune résistance ni verbale, ni physique", avait-il déclaré la semaine dernière.

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