Jamel Leulmi : à la barre, le "veuf noir" parle de femmes et de sports de combats

Jamel Leulmi : à la barre, le "veuf noir" parle de femmes et de sports de combats

JUSTICE - Mardi, Jamel Leulmi, jugé en appel pour avoir tué son épouse et tenté d'assassiner une autre compagne pour toucher leurs assurances-décès, a pris la parole au premier jour de son procès pour marteler son innocence. Il s'est également confié sur sa passion pour les sports de combat et ses nombreuses conquêtes féminines.

La parole est à la défense. Jamel Leulmi, jugé en appel pour avoir tué sa femme, puis tenté de faire assassiner une autre compagne afin de toucher leurs assurances-décès, a clamé son innocence, mardi, à l'ouverture de son procès. L'accusé de 37 ans, qui a demandé, en vain, que les débats se tiennent à huis clos, s'est d'emblée expliqué : "Je fais appel parce que je suis innocent." Avant que son avocate ne dénonce une « campagne médiatique acharnée » à l'encontre de son client, rappelant notamment les surnoms qui lui ont été donnés dans la presse : le "Barbe Bleue de l'Essonne" et le "veuf noir".

EN SAVOIR + >> Accusé d'avoir tué sa femme pour toucher son assurance-décès

Jamel Leulmi, qui après cinq années de détention garde une carrure athlétique grâce à une pratique sportive intensive, s'est défendu pied à pied, répondant longuement aux questions qui lui étaient posées. Le 22 mai 2014, cet ancien professeur de lycée professionnel a été condamné à 30 ans de réclusion criminelle. Les jurés l'avaient reconnu coupable de l'assassinat de Kathlyn Vasseur, décédée en 2007 suite à un accident pendant une promenade nocturne en vélo, après deux mois de mariage. Le veuf, qui a qualifié mardi cette première épouse de "femme de (sa) vie", touche alors plus d'un million d'euros au titre de contrats d'assurance-décès. Il les dépense en immobilier, jet-ski et 4x4. 

Un séducteur en série

Jamel Leulmi, qui a toujours nié les faits qui lui sont reprochés, a également été reconnu coupable en première instance de tentative d'assassinat de Julie Derouette. La jeune femme, qui elle aussi avait souscrit des contrats d'assurance-décès en sa faveur, subit fin 2009 une mystérieuse agression au Maroc, qui la laisse en partie invalide. Peu après, Jamel Leulmi rencontre une troisième jeune femme, Karine T., qui prend également des assurances-décès dont il est bénéficiaire. Plusieurs expertises la présentent comme souffrant d'un retard mental, avec des "difficultés" à lire et écrire.

Le procès en première instance n'a pas vraiment permis d'éclairer la personnalité de l'accusé et rien ne dit que la procédure en appel fera beaucoup plus de lumière. Mardi, Jamel Leulmi, interrogé sur son passé, a assuré avoir eu une enfance "très heureuse" dans une famille nombreuse, expliqué avec un luxe de détails techniques sa passion pour les sports de combat, parlé de ses nombreuses liaisons féminines, et critiqué ses conditions de détention. Il a aussi évoqué avec une certaine émotion une petite fille âgée de 14 mois, conçue en détention avec sa compagne Céline David.

Un "manipulateur" ?

Confronté à la lecture d'observations très défavorables d'un responsable du premier lycée où il avait enseigné, et d'un rapport extrêmement sévère de la direction de sa prison le qualifiant de "manipulateur" - ce dernier document étant toutefois qualifié de "fort peu étayé" par le président - l'accusé n'a jamais perdu son assurance, ni sa courtoisie appuyée.

Côté défense, son avocate à assuré à l'issue de l'audience que son client était pris dans "un piège judiciaire", en raison d'une affaire "sous forme de poupées russes" : des accusations qui s'emboîtent, mais qui, prises séparément, ne tiendraient pas selon elle. Le verdict est attendu dans quatre semaines.

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